Xénophobie en Afrique du Sud : Tshisekedi appelle à une réponse « humaine » pour protéger les Congolais, Ramaphosa promet une approche équilibrée

En marge de la visite officielle du Président sud-africain Cyril Ramaphosa à Kinshasa, ce jeudi 2 juillet 2026, le Président Félix Tshisekedi a appelé à une gestion des questions migratoires fondée sur le respect de la dignité humaine et la solidarité africaine. En réponse, son homologue sud-africain a assuré que Pretoria entend concilier sécurité, respect des droits des étrangers et coopération avec les pays africains.

À l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), où les deux Chefs d’État se sont retrouvés autour de la riposte contre l’épidémie d’Ebola, la question de la situation des ressortissants congolais en Afrique du Sud s’est également invitée aux échanges.

Dans son intervention, Félix Tshisekedi a rappelé que chaque État est souverain dans la gestion de son territoire, de ses frontières et de sa politique migratoire. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de traiter ces questions « avec humanité, responsabilité, retenue et dans le respect de la dignité de toutes les personnes concernées ».

Le Chef de l’État congolais a dit faire confiance « à la sagesse des autorités sud-africaines » pour privilégier une approche équilibrée, conforme aux valeurs de solidarité africaine, afin qu’une solution respectueuse des droits fondamentaux puisse être trouvée. Tshisekedi a par ailleurs salué l’excellence des relations entre Kinshasa et Pretoria, estimant que les défis sanitaires, sécuritaires, économiques et humanitaires ne peuvent être relevés qu’à travers une coopération renforcée entre les États africains.

En réponse, Cyril Ramaphosa a reconnu que les questions migratoires constituent un défi partagé par plusieurs pays du continent. Il a souligné que leur gestion ne peut reposer sur un seul État, appelant à une coopération plus étroite entre les gouvernements africains. Le Président sud-africain a affirmé que, malgré les défis auxquels son pays est confronté, les droits des ressortissants étrangers doivent être respectés. Il a plaidé pour une solution « équilibrée », construite en partenariat avec les États d’origine des migrants.

Ramaphosa a également insisté sur l’importance pour toute personne résidant en Afrique du Sud de disposer de documents d’identité en règle, estimant que cette exigence contribue à la fois à la sécurité et à la protection des droits des personnes concernées.

Cette rencontre diplomatique s’est déroulée dans le cadre de la visite officielle du Président sud-africain à Kinshasa, principalement consacrée au renforcement de la riposte contre Ebola. À cette occasion, Pretoria a annoncé une contribution de 13,5 millions de dollars américains en faveur des efforts déployés par la RDC pour contenir l’épidémie.

Désigné Champion de l’Union africaine pour la gestion et la riposte aux pandémies, Cyril Ramaphosa poursuit une tournée de mobilisation des financements et de coordination des réponses sanitaires avec l’Africa CDC. Au-delà de l’enjeu sanitaire, sa visite a également permis d’aborder la protection des Congolais vivant en Afrique du Sud, sur fond de préoccupations récurrentes liées aux actes de xénophobie, avec l’ambition de consolider les relations historiques entre Kinshasa et Pretoria.

Christian-Moses MASUNGA