Shadary et Minaku quittent les services de sécurité pour l’auditorat général militaire

Le dossier judiciaire visant Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku entre dans une nouvelle phase. Les deux responsables du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) ont été conduits devant l’auditorat général militaire, après plus de 200 jours passés en détention dans des locaux des services de sécurité.

Interpellés en janvier 2026 à leurs résidences de Kinshasa, l’ancien vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et l’ancien président de l’Assemblée nationale n’avaient, jusqu’à présent, comparu devant aucune juridiction. Leur déferrement ouvre désormais la voie aux premières démarches de la procédure judiciaire et à la formalisation des poursuites engagées à leur encontre.

Depuis leur arrestation, leurs conseils dénoncent une privation de liberté prolongée sans contrôle judiciaire effectif. Plusieurs organisations de défense des droits humains avaient également exprimé leurs inquiétudes quant au respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.

Quelques heures avant leur transfert, l’ancien député Claudel André Lubaya s’était exprimé sur cette affaire dans une publication sur le réseau social X. L’opposant, actuellement en exil, y évoquait plus de 200 jours de détention au secret d’Aubin Minaku, affirmant que celui-ci était détenu depuis le 18 janvier 2026 sans base légale ni décision judiciaire rendue publique.

Selon lui, cette situation est incompatible avec les principes de l’État de droit et les dispositions de la Constitution. Il soutient également que l’ancien président de la chambre basse aurait été privé de tout contact avec sa famille et ses avocats durant cette période.

Dans sa déclaration, Claudel André Lubaya cite aussi d’autres personnalités, notamment Emmanuel Ramazani Shadary, Parole Kamizelo, Nathanaël Onokomba et Ludovic Kalengayi, qu’il affirme être confrontées aux mêmes conditions de détention. Il reproche en outre à certaines autorités congolaises d’avoir défendu publiquement ces mesures.

L’opposant demande enfin au président Félix Tshisekedi d’intervenir pour mettre un terme à ce qu’il considère comme des détentions arbitraires.

À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué sur les infractions retenues contre Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, ni sur les prochaines étapes de la procédure devant la justice militaire. Leur déferrement constitue néanmoins un développement important dans un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions sur la scène politique congolaise.

Rédaction