RDC : le parti ECO condamne la création du FRN de Joseph Kabila et met en garde contre le risque de balkanisation

Le parti politique Engagement pour le Congo (ECO) s’insurge contre la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), porté par l’ancien président Joseph Kabila. Dans un communiqué publié ce vendredi 16 octobre 2026 à Kinshasa, cette formation politique rejette le recours aux armes comme moyen de conquête du pouvoir et plaide pour un dialogue national axé sur la cohésion et la préservation de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) continue de susciter des réactions sur la scène politique congolaise. Dernière en date, celle du parti Engagement pour le Congo (ECO) de Jean-Claude Masengu Mulongo, qui exprime son « indignation » face à l’émergence de ce mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila.

Dans sa déclaration signée par son secrétaire général, Daniel Tshikeva Vubu Munganga, ECO estime que la démarche de l’ancien chef de l’État comporte des risques pour la stabilité du pays, notamment celui de replonger la RDC dans une confrontation armée.

« La démarche de “refondation” qu’il entreprend aujourd’hui risque de faire imploser le Congo, de l’amener aux affres de la guerre et d’en subir toutes les conséquences qui en découlent, y compris la balkanisation », prévient le parti.

-ECO appelle Kabila à répondre de son bilan-

Pour cette formation politique, Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC pendant dix-huit années consécutives, doit assumer la responsabilité de son bilan devant l’Histoire. ECO estime que son ancien statut de chef de l’État lui a offert suffisamment de temps pour mettre en œuvre sa vision politique et contribuer à la construction nationale.

Le parti lie également la sortie médiatique de l’ancien président, le 9 octobre dernier, à un débat sur la situation économique du pays. Selon Daniel Tshikeva Vubu Munganga, cette prise de parole est intervenue après la présentation, le 6 octobre, d’une analyse de l’économie congolaise par Jean-Claude Masangu Mulongo, gouverneur honoraire de la Banque centrale du Congo.

ECO évoque également la réaction du ministre des Finances, Doudou Fwamba, qui aurait apporté des éléments chiffrés supplémentaires en réponse au discours de Joseph Kabila.

« On ne libère pas un peuple en le faisant saigner »

Au-delà de ses critiques à l’égard de l’ancien président, ECO réaffirme son opposition à toute tentative de conquête du pouvoir par la force. Le parti condamne fermement le recours aux armes pour régler les différends politiques et considère qu’une refondation nationale ne saurait reposer sur une confrontation militaire.

« On ne libère pas un peuple en le faisant saigner ! », martèle Daniel Tshikeva Vubu Munganga dans son communiqué.

Face aux tensions politiques et sécuritaires, ECO préconise plutôt l’organisation d’un dialogue national qu’il souhaite sincère et responsable. Ce processus devrait, selon le parti, privilégier l’intérêt supérieur de la nation, la cohésion nationale, la défense de l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par les interrogations sur les conséquences politiques et sécuritaires de la création du FRN, alors que l’est du pays reste confronté à une crise persistante.

Pour ECO, la refondation de la nation congolaise doit passer par la concertation politique plutôt que par les armes, afin d’éviter une nouvelle escalade susceptible de fragiliser davantage l’unité du pays.

Rédaction