Le nouvel arrêté interministériel sur les droits, taxes et redevances du secteur numérique, provoque une levée de boucliers chez les éditeurs de médias en ligne. Sans viser explicitement la presse numérique, le texte pourrait lui imposer de nouvelles charges jugées difficiles à supporter.
Signé le 20 juillet 2026 par les ministres des Finances et de l’Économie numérique, l’arrêté fixe les tarifs applicables à plusieurs activités du secteur. Autorisations, agréments, renouvellements et exploitation de services numériques sont désormais soumis à des redevances.
Les plateformes numériques, les sites de diffusion de contenus, les applications, les services de communication et d’hébergement figurent parmi les activités concernées. Pour les professionnels du secteur, les médias opérant exclusivement sur Internet pourraient être directement touchés, puisqu’ils exploitent des plateformes d’information numériques.
Au sein des rédactions, les inquiétudes grandissent. Plusieurs responsables estiment que ces nouvelles obligations financières s’ajouteront à un modèle économique déjà fragile, marqué par la faiblesse des recettes publicitaires et l’absence de véritables mécanismes de soutien à la presse.
Les coûts liés aux autorisations, aux renouvellements et aux éventuelles pénalités sont perçus comme un risque supplémentaire pour la viabilité de nombreux médias. Certains n’excluent pas des réductions d’activités, voire la disparition de petites rédactions si aucune mesure d’accompagnement n’est prévue.
À travers cet arrêté, le gouvernement entend renforcer la régulation de l’économie numérique, sécuriser le secteur et accroître les recettes publiques. Mais pour plusieurs acteurs des médias, ces objectifs ne devraient pas se traduire par un alourdissement des charges pour une presse en ligne qui peine déjà à assurer son équilibre financier.
Le texte relance ainsi le débat sur la nécessité de concilier la régulation du numérique avec la protection d’un secteur considéré comme essentiel au pluralisme de l’information en République démocratique du Congo.
Rédaction

