Muanda : la mort d’une baleine révèle les limites de la riposte environnementale

La baleine retrouvée échouée sur le littoral de Muanda, dans la province du Kongo Central, a finalement succombé après plusieurs heures passées hors de son milieu naturel. Cet épisode, rarissime sur les côtes de la République démocratique du Congo, laisse place à de nombreuses interrogations sur les moyens mobilisés pour tenter de sauver le mammifère marin et ravive les critiques visant les capacités d’intervention des services chargés de la conservation de la nature.

Signalée mercredi sur une plage de Muanda, la présence de ce cétacé avait suscité une forte mobilisation des habitants ainsi qu’un important intérêt médiatique. Les informations relayées au cours des dernières heures étaient toutefois contradictoires, certaines sources annonçant prématurément sa mort tandis que d’autres soutenaient qu’il respirait encore.

Malgré les efforts entrepris sur le terrain, l’animal n’a pas pu être remis à la mer. D’après les informations recueillies sur place, les dimensions du cétacé près de dix mètres de longueur pour un poids estimé à une dizaine de tonnes ont considérablement compliqué les opérations.

Les premiers moyens déployés se sont révélés inadaptés. Une grue utilisée pour déplacer l’animal ne disposait pas d’une capacité de levage suffisante, tandis que d’autres engins de chantier engagés par la suite n’ont pas permis de modifier son sort. Les différentes manipulations auraient également provoqué des lésions visibles sur son corps.

Face à cette situation, l’administrateur du territoire avait entrepris des démarches auprès de plusieurs partenaires, notamment la société Perenco, afin d’obtenir des équipements plus performants. Cet appui n’a toutefois pas pu intervenir à temps pour éviter l’issue fatale.

Au-delà de la disparition de ce mammifère marin, cet événement met en lumière les défis auxquels sont confrontés les services congolais chargés de la préservation de la faune. Le manque d’équipements spécialisés, l’absence d’unités d’intervention dédiées aux mammifères marins et les contraintes logistiques observées sur le terrain alimentent les critiques sur la capacité du pays à répondre à ce type de situation exceptionnelle.

Pour plusieurs observateurs, la mort de cette baleine dépasse le simple fait divers. Elle relance le débat sur le renforcement des dispositifs nationaux de protection de la biodiversité marine et sur la nécessité de doter les institutions compétentes des ressources techniques et humaines adaptées à ce genre d’interventions.

Roger Kingenzi