La haute Cour militaire a ouvert, jeudi 25 juin à Kinshasa, le procès mettant en cause l’ancien chef d’état-major général des FARDC, le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ainsi que plusieurs coaccusés. Après une audience de quelques minutes, la juridiction a décidé de reporter l’examen du dossier au 9 juillet prochain.
Ce renvoi est motivé par l’absence de certains membres de la composition de la Cour ainsi que par la nécessité de permettre aux différentes équipes de défense de finaliser et déposer leurs mémoires.
Au total, dix prévenus sont poursuivis dans cette affaire enregistrée sous le numéro RP 060/26. Trois d’entre eux sont considérés comme fugitifs : le général d’armée John Numbi Banza Ntambo, ancien inspecteur général des FARDC, le colonel Christophe Tshinabo ainsi que le civil Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC). Les autres accusés comparaissent ou sont représentés devant la Cour.
Christian Tshiwewe figure parmi les principaux prévenus visés par les poursuites engagées par l’auditeur général près la Haute Cour militaire. Son avocat, Parfait Kanyenga, a indiqué que son collectif avait déjà déposé son mémoire et se préparait à présenter ses moyens de défense lors de la prochaine audience.
Selon l’acte d’accusation, les prévenus répondent de plusieurs infractions, notamment le complot, la trahison, la propagation de faux bruits, l’apologie du terrorisme, la violation des consignes militaires, la désertion à l’étranger, la détention illégale d’armes et de munitions de guerre ainsi que l’incitation des militaires à poser des actes contraires au devoir et à la discipline.
Outre Christian Tshiwewe, le dossier implique plusieurs officiers supérieurs, dont les généraux Maurice Nyembo Kufi, Chinyabuuma Kamukinde, John Ngoy wa Kabila et John Sangwa Muhemedi, ainsi que les colonels Guy Mukombozi Zahinda et Pathy Sangwa Lumbu.
Une procédure à fort enjeu
L’instruction menée par le parquet militaire a été clôturée le 29 mai dernier. L’ordonnance de renvoi devant la Haute Cour militaire a ensuite été rendue publique par la greffière en chef, la colonelle Jeanne Françoise Ngalula Mpiana.
En reportant l’affaire au 9 juillet, la juridiction entend garantir le respect des exigences procédurales, notamment la présence d’une composition complète et l’accès de toutes les parties aux pièces du dossier.
Très suivi par l’opinion publique, ce procès porte sur des faits touchant à la discipline militaire, à la chaîne de commandement et à la sécurité de l’État. Les débats de fond devraient débuter lors de la prochaine audience, une fois les mémoires de toutes les parties versés au dossier.
En attendant, les prévenus présents restent poursuivis dans le cadre de la procédure, tandis que ceux déclarés en fuite continuent d’être recherchés et sont poursuivis par défaut sur les mêmes chefs d’accusation.
Danny Mwanza

