Après plusieurs mesures restrictives, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie est enfin enterré par la justice congolaise. Le procureur général près le Conseil d’État, Jean-Paul Mukolo Nkokesha, avait saisi la haute juridiction administrative en vue d’en finir juridiquement avec le PPRD, conformément à l’article 29 de la loi sur les partis politiques.
Dans son acte, le procureur ne laisse aucune ambiguïté sur le ton : « plaise au Conseil d’État de dire recevable et fondé le présent réquisitoire. De prononcer la dissolution du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie. Frais comme de droit. Ça sera justice ». Une phrase lourde, presque funèbre pour un parti qui fut un pilier de la scène politique congolaise.
Pour le magistrat debout, le PPRD aurait tout simplement franchi la ligne rouge. Le réquisitoire accuse la formation politique de Joseph Kabila d’avoir « violé les textes constitutionnels, législatifs et réglementaires », en raison d’actes et de déclarations assimilés à des atteintes à l’unité nationale.
Dans un climat politique et sécuritaire tendu, le gouvernement congolais avait ordonné l’interdiction des activités de treize formations politiques sur l’ensemble du territoire national, dont le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila.
La décision a été annoncée jeudi 15 octobre 2026 par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Elle intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à la guerre d’agression dans sa partie orientale.
Dans un message officiel adressé aux gouverneurs de provinces, le patron de l’Intérieur leur avait demandé de prendre « toutes affaires cessantes » les dispositions nécessaires à l’application de cette mesure. Les autorités provinciales etaient ainsi appelées à agir sans délai pour assurer l’exécution de la décision sur toute l’étendue du pays.
Outre le PPRD, la mesure concerne le LGD de Matata Ponyo, le PISTE-E de Seth Kikuni, l’AAP de Théophile Bemba Fundu et l’UDA originelle de Claudel Lubaya. Le MPCR de Jean-Claude Vuemba, l’ATD de José Makila Sumanda et le PNEL de Michel Mwika Banza figurent également sur la liste.
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