Le cycliste Miguel Masaisai décoré à titre posthume pour son combat pour la paix

La République démocratique du Congo a rendu hommage, jeudi 22 octobre à Kinshasa, à Miguel Masaisai, ce jeune cycliste mort le 18 septembre à Ouesso, en République du Congo, alors qu’il portait au-delà des frontières un message de paix pour l’est du pays. À titre posthume, il a été élevé au grade de chevalier de l’Ordre national du Léopard et décoré de deux médailles d’or pour mérite civique et sportif.

La cérémonie, organisée à l’hôpital du Cinquantenaire, a réuni des membres du gouvernement, des parlementaires et plusieurs personnalités. Cette reconnaissance nationale salue l’engagement d’un sportif de 25 ans qui avait transformé son vélo en instrument de plaidoyer pour la paix, la réconciliation et l’unité nationale.

Prenant la parole, Claude Mbuyi, président du Conseil national de la jeunesse, a présenté le défunt comme un modèle de résilience et de patriotisme. Il a salué son rejet de la violence armée et son engagement en faveur de la cohésion nationale.

-« Pedals for Peace », un périple interrompu-

Lancé en mai depuis le Nord-Kivu, le défi de Miguel Masaisai consistait à traverser la RDC d’est en ouest, avant de poursuivre son voyage vers le Maroc. Arrivé à Kinshasa le 5 août, après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus, il avait ensuite quitté la capitale, le 6 septembre, pour rejoindre la République du Congo.

Le 14 septembre, quatre jours avant sa mort, le jeune cycliste achevait sa 71ᵉ étape à Oyo, après avoir parcouru les 98 kilomètres séparant cette localité de Gamboma. La suite de son itinéraire devait le conduire vers le nord du Congo, puis au Cameroun et enfin à Rabat, au Maroc.

À travers son initiative « Pedals for Peace », il entendait attirer l’attention sur les souffrances des populations de l’est de la RDC, confrontées à la guerre impliquant notamment l’AFC/M23 et le Rwanda. Lors de son passage à Kinshasa, il avait également exprimé sa volonté de transmettre aux autorités nationales les préoccupations des habitants de cette partie du pays.

Son ambition dépassait les frontières congolaises : il voulait porter le drapeau national jusqu’au Maroc et faire entendre un message de paix sur la scène internationale. Sa mort a brutalement interrompu ce projet.

-Préserver la mémoire du jeune cycliste-

Pour prolonger son engagement, des représentants de la jeunesse ont proposé d’intégrer les vestiges de son périple au patrimoine du Musée national et d’organiser une conférence thématique à Rabat, afin de donner une suite à son rêve inachevé.

Par cette décoration posthume, la nation reconnaît le combat d’un jeune Congolais qui avait choisi le sport comme moyen de défendre la paix et l’unité du pays. Son parcours laisse le souvenir d’une jeunesse déterminée à faire entendre sa voix face aux violences qui frappent l’est de la RDC.

Rédaction