Le colonel Israël Nsanga à la barre devant le tribunal militaire de Kinshasa-Ngaliema 

L’officier Israël Nsanga, connu pour sa rigueur dans le respect du Code de la route, allant jusqu’à faire retourner les cortèges des officiels qui empruntaient le contresens, sera de nouveau devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema ce jeudi, à la prison militaire de Ndolo.

Poursuivi notamment pour « dissipation de munitions » et « violation des consignes », le commissaire supérieur de la Police nationale congolaise (PNC) doit prendre part à une quatrième audience.

Cette audience foraine devrait permettre au tribunal d’aborder l’instruction au fond et d’examiner les charges retenues contre l’officier ainsi que les moyens développés par sa défense. 

Apprécié par les Kinois pour sa fermeté dans la lutte contre les incivilités routières, Israël Nsanga s’était notamment illustré par l’interpellation d’automobilistes circulant à contresens ou roulant sans plaques d’immatriculation visibles. Parmi les personnes arrêtées figuraient, selon ses proches, des responsables civils et militaires.

Sa méthode de travail lui avait valu une certaine popularité auprès d’une partie de l’opinion, mais également, selon son entourage, des tensions et des menaces provenant de certains gardes du corps d’officiers supérieurs de l’armée et de la Garde républicaine.

L’un des principaux épisodes à l’origine des poursuites remonte à la nuit du 2 janvier 2026. Aux environs de 2 heures du matin, des hommes cagoulés auraient escaladé le mur de la résidence du policier. Selon la version avancée par sa défense, Nsanga, se sentant menacé, aurait effectué des tirs de sommation, pensant faire face à une tentative d’intrusion.

Les personnes intervenues sur place se seraient ensuite révélées être des agents du Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service rattaché à la présidence de la République.

L’officier aurait alors été maîtrisé puis conduit vers une destination qui, selon ses conseils, serait restée inconnue pendant plusieurs mois, avant son transfert devant l’auditorat militaire. 

Rédaction