La mobilisation de l’opposition contre le projet de changement de la Constitution a été marquée par des tensions ce mardi 15 septembre 2026 en République démocratique du Congo. À Kinshasa, des heurts ont opposé des partisans de l’opposition à des groupes présentés comme proches du pouvoir, avant l’intervention de la police à coups de gaz lacrymogène. Au moins deux personnes ont été blessées.
À l’appel de la coalition C64, plusieurs formations de l’opposition étaient descendus dans la rue pour afficher leur opposition à toute initiative susceptible de déverrouiller les dispositions constitutionnelles, notamment celle relative à la limitation des mandats présidentiels.
Dans la capitale, quelques centaines de militants se sont rassemblés dès la matinée, drapeaux de leurs partis en main. La manifestation ayant été autorisée, un important dispositif policier avait été déployé le long de l’itinéraire prévu ainsi qu’à plusieurs carrefours stratégiques.
La situation s’est rapidement tendue après le départ du cortège. Des affrontements ont éclaté entre des groupes favorables au pouvoir et des manifestants de l’opposition. Les forces de l’ordre ont alors fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule, provoquant une dispersion désordonnée.
À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, la manifestation avait été interdite par les autorités locales. Des militants se sont néanmoins retrouvés dans le centre-ville avant d’être dispersés par les forces de l’ordre, notamment à coups de gaz lacrymogène et de tirs de sommation. Plusieurs interpellations ont été signalées.
Mohamed Eyenga, coordonnateur provincial de l’Envol et cadre de la C64, a dénoncé un dispositif sécuritaire destiné, selon lui, à empêcher la tenue de la manifestation. Il affirme que « beaucoup » de militants ont été « arbitrairement arrêtés ». Le général Blaise Kilimbalimba, commandant de la police dans le Haut-Katanga, a pour sa part assuré qu’aucun manifestant pacifique n’avait été interpellé et que la situation demeurait calme.
À Kisangani, dans la Tshopo, les forces de l’ordre ont encerclé le siège d’un parti d’opposition où des militants s’étaient regroupés, empêchant le départ du cortège.
À Mbandaka, dans l’Équateur, les autorités avaient également interdit le rassemblement. Une centaine de militants ont été dispersés sous la pression des forces de sécurité. Une dizaine de personnes ont été interpellées, selon un journaliste de l’AFP.
Cette journée de mobilisation intervient dans un contexte politique tendu autour de l’avenir institutionnel du pays. Félix Tshisekedi, élu en 2019 puis réélu en 2023, doit théoriquement achever son second mandat en 2028, la Constitution limitant à deux le nombre de quinquennats présidentiels.
La majorité présidentielle mène depuis plusieurs mois une réflexion autour d’une réforme constitutionnelle. Le Chef de l’État avait lui-même déclaré en mai dernier qu’il pourrait envisager un troisième mandat « si le peuple le souhaite ».
Face à cette perspective, les principales forces de l’opposition ont créé au moi de mai la coalition C64. Après avoir connu des fortunes diverses lors de la présidentielle de 2023, remportée largement par Félix Tshisekedi, elles entendent désormais faire de la mobilisation populaire un moyen de pression contre toute modification constitutionnelle susceptible, selon elles, d’ouvrir la voie à un troisième mandat.
La journée de mardi constituait ainsi un test pour la capacité de cette coalition à mobiliser dans les rues de Kinshasa et des principales villes du pays. Elle aura surtout été marquée par un face-à-face tendu entre opposition, forces de l’ordre et groupes favorables au pouvoir.
La Rédaction

