La CENCO s’inquiète de la progression fulgurante d’Ebola 

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) hausse le ton face à l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Dans un communiqué publié ce jeudi 3 septembre, les évêques expriment leur vive inquiétude devant l’augmentation rapide des cas et des décès, particulièrement en Ituri.

Déclarée officiellement le 15 mai 2026 par le ministère de la Santé publique, cette 17ᵉ épidémie d’Ebola connaît une progression jugée préoccupante par l’épiscopat. Selon les données citées par la CENCO, l’Ituri comptait 53 cas confirmés au 19 mai. Au 25 août, l’Institut national de santé publique faisait état de 5 713 cas confirmés, 2 744 décès, soit une létalité de 48 %, 770 patients isolés et 1 269 personnes guéries.

Pour les évêques, cette évolution traduit l’ampleur du défi sanitaire auquel sont confrontées les zones touchées. Ils alertent notamment sur les difficultés rencontrées par plusieurs structures de santé, confrontées au manque de matériels de prévention et de protection ainsi qu’à des ruptures de stocks.

La CENCO évoque également les conditions de travail des professionnels de santé, notamment les problèmes liés à leur rémunération, à leur mobilité et à la communication. Autre préoccupation : l’existence possible de cas non signalés dans certaines structures sanitaires. Une sous-déclaration qui, selon les prélats, pourrait fausser l’évaluation de l’ampleur réelle de l’épidémie et compliquer le suivi des personnes exposées.

–La désinformation, autre front de l’épidémie-

Les évêques pointent aussi la circulation de fausses informations autour de la maladie. Dans certaines communautés, Ebola est encore associé à la sorcellerie ou au mauvais sort. Pour la CENCO, ces croyances peuvent alimenter la méfiance envers les équipes médicales et compromettre les efforts de riposte.

L’épiscopat appelle ainsi à renforcer la sensibilisation et à rapprocher les messages de prévention des populations. Le lavage régulier des mains, l’utilisation de désinfectants, la limitation des contacts physiques et la bonne cuisson des aliments figurent parmi les mesures recommandées.

Une attention particulière doit également être accordée aux dépouilles des personnes décédées. La CENCO rappelle que leur manipulation présente un risque de transmission et recommande que les opérations soient assurées par des équipes formées. Les cérémonies funéraires peuvent également être adaptées en fonction du niveau de risque.

La CENCO insiste par ailleurs sur la nécessité d’orienter rapidement vers les structures de santé toute personne présentant des signes suspects, notamment la fièvre, les vomissements, la diarrhée ou des saignements.

Dans cette bataille sanitaire, l’Église entend mobiliser ses réseaux de proximité. Paroisses, Communautés ecclésiales vivantes, mouvements catholiques et structures de Caritas sont appelés à contribuer à la diffusion des informations fiables auprès des familles.

Pour les évêques, la progression de l’épidémie constitue désormais une alerte majeure. Ils plaident pour une riposte davantage axée sur la prévention, la protection du personnel soignant, la détection rapide des cas et une meilleure information des communautés.

Rédaction