Goma : l’enlèvement des dizaines de jeunes par le M23 suscite l’indignation

Près de cinquante jeunes, dont plusieurs mineurs, sont portés disparus après une opération menée par les éléments de l’AFC-M23 dans plusieurs quartiers de Goma. La société civile et les organisations de la jeunesse, dénoncent des arrestations arbitraires et exigent que toute la lumière soit faite sur leur sort.

Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent entre Kinshasa et Kigali en vue d’un retour de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo, la tension demeure vive à Goma. Près de cinquante jeunes, parmi lesquels figureraient plusieurs mineurs, restent introuvables après une opération de bouclage menée dans la nuit du 6 au 7 juillet par les éléments de l’AFC-M23 dans les environs du camp militaire de Katindo.

Selon plusieurs sources locales, les interpellations ont eu lieu sur les avenues Salongo 3 et Katoyi 1, dans les quartiers de Mabanga-Nord et Kasika, situés dans la commune de Karisimbi. Le Conseil urbain de la jeunesse de Karisimbi dénonce des arrestations qu’il qualifie d’arbitraires et appelle les organisations de défense des droits humains à intervenir afin d’établir le sort des personnes arrêtées.

D’après des témoignages recueillis auprès des familles, les jeunes interpellés auraient d’abord été rassemblés au stade du camp militaire de Katindo avant d’être conduits, à bord de camions, vers un lieu inconnu. Depuis, aucune information officielle n’a été communiquée sur leur lieu de détention ni sur les raisons de leur arrestation.

Ce silence nourrit l’angoisse des proches, certains redoutant un enrôlement forcé dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement fragile dans l’est du pays. Les familles réclament des explications et exigent que les droits fondamentaux des personnes concernées soient respectés.

Dans un communiqué publié mercredi, le Conseil urbain de la jeunesse de Karisimbi a exhorté les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à suivre de près cette affaire et à entreprendre des démarches urgentes afin de localiser les personnes interpellées.

Appel au respect du droit international

L’organisation rappelle que toute arrestation ou détention doit être conforme aux dispositions du droit international humanitaire ainsi qu’à la Convention relative aux droits de l’enfant. Elle demande que les familles soient informées sans délai du sort réservé à leurs proches. À ce stade, l’AFC-M23 n’a pas réagi à ces accusations.

Cette affaire intervient quelques jours seulement après une autre vague d’interpellations signalée à Goma. Selon plusieurs organisations locales, des jeunes, des femmes et des hommes avaient été arrêtés le 1er juillet alors qu’ils célébraient le premier but des Léopards lors de leur rencontre face à l’Angleterre en Coupe du monde 2026. Trente-et-une personnes avaient été libérées le 3 juillet, mais plusieurs autres demeureraient sans nouvelles.

Face à la multiplication des arrestations rapportées dans la ville, les organisations de la société civile réclament davantage de transparence. Elles demandent que toute personne privée de liberté bénéficie des garanties prévues par le droit congolais et les conventions internationales, tout en appelant les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ces événements et à rassurer les familles.

Dans le même temps, l’administration installée par l’AFC-M23 à Goma a interdit tout rassemblement et toute manifestation publique dans la ville, y compris les célébrations sportives. La mesure, annoncée deux jours après les scènes de joie ayant suivi la qualification des Léopards pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, est officiellement justifiée par des impératifs de prévention contre la maladie à virus Ebola.

En parallèle, plusieurs organisations de la société civile et mouvements de jeunesse demandent la libération immédiate et sans condition des jeunes toujours portés disparus.

Redaction