Fayulu voit dans le processus de Doha, une diversion de Tshisekedi

Doha serait-il devenu, aux yeux de Martin Fayulu, le paravent de l’absence de dialogue national inclusif en RDC ? L’opposant accuse Félix Tshisekedi de privilégier les négociations avec l’AFC/M23, soutenu par Kigali, au détriment d’une concertation entre Congolais pour rechercher une issue à la crise qui déchire l’est du pays. « Pour moi, Doha est devenu une distraction totale et une diversion qui permet à M. Tshisekedi d’éviter l’essentiel », a-t-il affirmé sur les antennes de la radio Okapi. 

Le chef de file du parti Ecidé met en doute la portée du processus piloté par l’État du Qatar , articulé autour de huit protocoles portant notamment sur le cessez-le-feu, l’accès humanitaire, la sécurité, la gouvernance et la restauration de l’autorité de l’État. C’est précisément sur ce dernier volet que Fayulu exprime ses plus vives inquiétudes. Il revient sur le « draft zéro » ayant circulé dans le cadre des négociations et qui aurait fuité le 1er août 2025. Son article 8 prévoyait, une « force intermédiaire spéciale » pour les territoires affectés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L’ex-candidat à la présidentielle de 2023 s’attarde surtout sur une disposition qui aurait fait de cette force le dispositif de sécurité exclusif dans la région concernée, avec l’impossibilité de la déployer en dehors de celle-ci sans le consentement de ses membres. « De quoi parle-t-on ? Nous sommes dans un pays indépendant ? Nous sommes dans un pays uni ? Ou nous sommes dans un pays balkanisé ? », questionne-t-il.

Pour Fayulu, une telle disposition soulève une question fondamentale sur l’intégrité territoriale de la RDC. « Ce n’est pas la balkanisation ? De quel État parlons-nous si une force de sécurité particulière devient exclusive sur une partie du territoire national ? », poursuit-il. Son inquiétude est renforcée par la progression de l’AFC/M23 dans l’est du pays. 

Le soldat du peuple comme ses partisans l’appellent, redoute que la consolidation de l’emprise de ce mouvement armé, combinée aux dispositions négociées à Doha, ne finisse par consacrer une partition de fait du territoire congolais. « J’ai dit aux Congolais, attention, l’accélération du projet de balkanisation de la RDC est entamée. Moi, je refuse que le peuple congolais soit le dindon de la farce », prévient-il.

Dans cette bataille politique, l’opposant interpelle directement le Président de la République sur ses démarches diplomatiques et les éventuels arrangements conclus autour de la crise congolaise. Il exige du Chef de l’État qu’il rende des comptes à la population. « Félix Tshisekedi doit dire au peuple congolais : quel deal a-t-il conclu avec Kagame et Kabila, sur l’avenir de notre pays ? », lance Fayulu.

Pour l’opposant, l’urgence reste l’ouverture d’un véritable Dialogue national inclusif entre Congolais. Il rejette ainsi une approche qui placerait les négociations avec l’AFC/M23 au centre de la recherche d’une solution à la crise sécuritaire, alors que l’unité et l’intégrité territoriale de la RDC restent, selon lui, menacées.

La rédaction