La riposte contre Ebola en République démocratique du Congo bénéficie d’un nouveau renfort financier. Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a annoncé vendredi 14 août le déblocage de 30,5 millions de dollars supplémentaires à travers le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF).
Cette enveloppe intervient alors que la progression de l’épidémie exerce une pression croissante sur les équipes sanitaires. Elle s’ajoute aux 24 millions de dollars déjà mobilisés pour la RDC et quatre pays voisins.
L’ONU prévoit également de renforcer sa présence opérationnelle avec 20 agents supplémentaires sur le terrain. Objectif : accroître les capacités d’intervention et soutenir les équipes engagées dans la surveillance et la prise en charge de l’épidémie.
Mais au-delà des financements, Tom Fletcher alerte sur l’urgence de la situation. Selon lui, Ebola « tue actuellement plus vite que la réponse internationale ne parvient à la contenir ». Il décrit cette flambée comme la plus rapide jamais enregistrée, avec un décès toutes les trente minutes.
Cette progression impose, selon les Nations unies, une accélération de la riposte. Près de 300 millions de dollars auraient déjà été mobilisés par les partenaires internationaux, mais les besoins demeurent importants.
La priorité est désormais d’augmenter rapidement les capacités sanitaires. L’ONU préconise notamment de doubler les capacités d’inhumation sécurisée et de tripler les capacités de traitement, tout en renforçant le suivi des contacts.
La surveillance épidémiologique constitue un autre maillon essentiel. Chaque contact non identifié ou insuffisamment suivi représente en effet un risque supplémentaire de transmission et peut contribuer à l’élargissement de la chaîne épidémique.
Pour les acteurs humanitaires, la réussite de la riposte dépend également de l’implication des communautés. Les autorités, les professionnels de santé, les partenaires internationaux et les populations doivent conjuguer leurs efforts pour renforcer la prévention et favoriser l’adhésion aux mesures sanitaires.
Avec cette nouvelle injection de 30,5 millions de dollars, l’ONU entend ainsi accélérer les opérations dans un contexte où le bilan de l’épidémie dépasse désormais 2 000 décès, selon Tom Fletcher.
L’enjeu est désormais de réduire l’écart entre la vitesse de propagation du virus et celle de la riposte, alors que chaque heure perdue peut favoriser de nouvelles transmissions.
Roger Kingenzi

