L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déploie 70 000 doses du vaccin Ervebo en République démocratique du Congo pour soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola liée au virus Bundibugyo. Cette allocation intervient après la demande formulée la semaine dernière par les autorités congolaises auprès du stock mondial de vaccins contre Ebola.
Sur ce lot, 20 000 doses seront réservées à un essai clinique de phase 3 visant à déterminer l’efficacité du vaccin contre le virus Bundibugyo. Les 50 000 autres doses seront destinées aux agents de santé et aux travailleurs de première ligne, particulièrement exposés au risque d’infection.
Ervebo est actuellement le seul vaccin homologué contre Ebola. Aucun vaccin n’est spécifiquement homologué contre le virus Bundibugyo. Son utilisation dans le cadre de cette épidémie doit ainsi permettre de recueillir des données scientifiques sur sa capacité à protéger les personnes exposées à cette souche.
Des résultats obtenus en laboratoire et lors d’études sur des animaux suggèrent déjà une possible protection. Mais cette efficacité n’a pas encore été démontrée chez l’être humain. L’essai clinique devra donc apporter des éléments scientifiques permettant de mesurer le niveau réel de protection offert par Ervebo.
–Le consentement des participants exigé-
L’OMS souligne toutefois que la participation à l’essai devra reposer sur un consentement éclairé. Les personnes concernées devront être clairement informées des bénéfices potentiels, des risques et des limites liés à l’utilisation du vaccin contre le virus Bundibugyo.
Cette opération intervient dans un contexte épidémiologique particulièrement alarmant. Au 18 août, 5 208 cas confirmés et 2 476 décès avaient été enregistrés, portant le taux de létalité à 47,5 %. Dans le même temps, 1 115 patients avaient été déclarés guéris et 730 autres se trouvaient encore en isolement ou hospitalisés.
La riposte se poursuit également sur le terrain avec le renforcement de la surveillance épidémiologique, de la recherche des contacts et de la prise en charge des malades. Le taux de suivi des contacts atteint actuellement 84 %.
L’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) appuient l’approche mise en œuvre par les autorités congolaises, notamment la protection des populations et l’implication des communautés dans la réponse à l’épidémie.
Les deux organisations plaident également pour une détection plus rapide des cas, un suivi rigoureux des contacts, un meilleur accès aux soins et une protection accrue des agents de santé et des équipes engagées dans la riposte.
Le stock mondial de vaccins contre Ebola est administré par le Groupe international de coordination (ICG), qui regroupe notamment l’OMS, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Médecins sans frontières (MSF) et l’UNICEF. Gavi, l’Alliance du vaccin, assure le financement de cette réserve.
Pour la RDC, l’enjeu est désormais de déterminer si Ervebo peut constituer un nouvel outil de protection contre le virus Bundibugyo. Les résultats de l’essai clinique pourraient également contribuer à améliorer les stratégies de réponse lors de futures épidémies d’Ebola.
Rédaction

