Ebola : la courbe épidémique descend, la RDC voit enfin le bout du tunnel

Quatre mois après le début de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, les signaux deviennent plus encourageants. Le pic épidémique est dépassé et la courbe des contaminations amorce une baisse. Pour l’équipe de riposte, l’épidémie est désormais « sous contrôle », même si la vigilance reste de mise.

Cette évolution a été présentée jeudi 10 septembre à l’Hôtel du Gouvernement, lors d’une réunion technique d’évaluation de la riposte présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Autour de la Cheffe du Gouvernement, des membres de l’exécutif et plusieurs experts, dont les professeurs Jean-Jacques Muyembe et Placide Mbala, ont passé en revue les dernières données épidémiologiques.

« L’épidémie est sous contrôle »

À l’issue de la rencontre, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a résumé la tendance observée en une formule : « l’épidémie est sous contrôle ».

« Le mot à retenir aujourd’hui, c’est que l’épidémie est sous contrôle », a-t-il déclaré, en soulignant l’implication des experts scientifiques dans le suivi de la situation.

Selon le porte-parole du Gouvernement, le suivi de la riposte se poursuit au plus haut niveau de l’État. Les autorités évaluent régulièrement l’efficacité des mesures mises en œuvre, notamment dans les zones considérées comme des foyers importants de transmission.

-Plus de 70 000 doses de vaccin réceptionnées-

Sur le front de la vaccination, la RDC a déjà réceptionné plus de 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Ebola Zaïre.

La vaccination a commencé, alors que les scientifiques poursuivent en outre, leurs recherches afin d’évaluer l’efficacité de ce vaccin face à la souche Bundibugyo, responsable de l’actuelle épidémie.

-La courbe épidémique amorce une baisse-

Les dernières données présentées par le professeur Placide Mbala sont particulièrement encourageantes. Le responsable du pilier recherche au sein de la riposte affirme que la courbe épidémique est désormais orientée à la baisse.

« Nous avons dépassé le pic et la courbe est dans sa phase descendante », a-t-il expliqué.

La diminution concerne également certaines zones jusque-là considérées comme des « hotspots ». Le nombre quotidien de cas confirmés, tout comme celui des décès confirmés, est en baisse.

Mais les experts refusent tout triomphalisme. Plusieurs semaines d’observation seront encore nécessaires pour mesurer pleinement l’impact des mesures engagées.

« On reste prudent, parce qu’il faudra attendre encore quelques semaines pour voir effectivement les effets des différentes mesures que nous avons mises en place », a prévenu le professeur Placide Mbala.

-Bilan de la maladie-

depuis sa déclaration officielle le 15 mai 2026 par le gouvernement congolais, L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a fait 3 310 morts sur un total de 6 843 cas confirmés, selon le dernier bilan communiqué ce jeudi par le ministère congolais de la Communication et des Médias.

Dans son point de situation arrêté au 8 septembre 2026, le ministère indique que l’épidémie touche six provinces et 61 zones de santé à travers le pays.

Au total, 833 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 1 611 personnes ont été déclarées guéries depuis le début de l’épidémie.

Le taux de létalité s’établit à 48,4 %, alors que le taux de suivi des contacts atteint 86,5 %, selon les mêmes données.

Les autorités précisent qu’aucune nouvelle zone de santé n’a été affectée au cours des dernières 24 heures, tandis que 21 patients ont été déclarés guéris durant la journée, assurant maintenir leur dispositif de riposte afin de contenir la propagation de l’épidémie dans les zones déjà touchées.

La RDC a déjà connu seize épidémies d’Ebola avant celle de 2026.

La précédente plus meurtrière dans le pays, celle de 2018-2020 dans l’est, avait fait 2 299 morts pour 3 381 cas confirmés.

Le Gouvernement Suminwa dit maintenir la pression sur la riposte afin de consolider cette tendance favorable et, surtout, éviter une nouvelle remontée de la transmission.

Rédaction