Ebola en RDC : le Gouvernement muscle la riposte et ouvre la voie aux antiviraux

La République démocratique du Congo ajuste sa stratégie face à l’épidémie d’Ebola. Réunie lundi 17 août 2026 à la Primature, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé une séance d’évaluation de la riposte, avec le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, et plusieurs experts, dont le professeur Jean-Jacques Muyembe.

Après trois mois de riposte, le gouvernement veut passer à une nouvelle étape. Trois priorités se dégagent : renforcer la réponse médicale, améliorer la prise en charge des équipes de terrain et intensifier la communication auprès des communautés.

Des antiviraux envisagés

Présentant l’évolution de la situation, Samuel Roger Kamba a fait état de nouvelles pistes médicales, notamment des recherches sur deux vaccins spécifiques à la souche Bundibugyo.

Le recours à des antiviraux est également envisagé pour certains malades et, sous certaines conditions, pour des personnes fortement exposées au virus.

Cette option pourrait notamment concerner les professionnels de santé en première ligne. Le gouvernement entend ainsi compléter les mesures classiques de santé publique par des solutions médicales supplémentaires.

Un barème salarial validé pour les équipes de riposte

La réunion a également débouché sur la validation d’un barème de prise en charge salariale des différents personnels engagés dans la riposte.

« Nous avons établi un barème de prise en charge salariale pour les médecins, les infirmiers, tous ceux qui travaillent dans la riposte », a déclaré Samuel Roger Kamba.

Le ministre devra désormais formaliser ce dispositif par un arrêté, avec l’objectif d’harmoniser la prise en charge des prestataires mobilisés sur le terrain.

La Première ministre a également insisté sur la communication, devenue un enjeu majeur dans la lutte contre Ebola. Judith Suminwa demande à l’équipe de riposte de renforcer la qualité et la cohérence des messages destinés aux populations afin de contrer les rumeurs et les fausses informations. L’objectif est notamment de favoriser l’adhésion aux mesures de prévention et de préparer les communautés aux éventuelles nouvelles options de vaccination et de prise en charge médicale.

« Zéro cas à Kinshasa »

Malgré les inquiétudes liées à une éventuelle propagation du virus vers la capitale, le ministre de la Santé se veut rassurant.

« Jusqu’à présent, il y a zéro cas à Kinshasa. Ça veut dire que si nous continuons à renforcer les mesures, il y a beaucoup de chances qu’Ebola n’arrive pas à Kinshasa », a affirmé Samuel Roger Kamba.

La surveillance a notamment été renforcée sur le fleuve Congo. À environ 65 kilomètres de Kinshasa, un poste sanitaire contrôle les embarcations en provenance des zones touchées par l’épidémie et vérifie les passagers avant leur arrivée dans la capitale.

Avec cette nouvelle orientation, le gouvernement entend adapter la riposte à l’évolution de l’épidémie. Une stratégie qui repose désormais sur quatre leviers : renforcement médical, protection des équipes de terrain, surveillance accrue et bataille contre la désinformation.

Rédaction