Ebola : deux cas détectés à Kisangani 

La ville de Kisangani fait désormais face à une alerte sanitaire. D’après le dernier rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP RDC), consulté ce jeudi 9 juillet par Yoward.com , deux cas d’Ebola ont été identifiés dans la capitale de la province de la Tshopo.

Selon le document, les deux patients présentent des profils épidémiologiques distincts. Le premier est rattaché à la zone de santé de Nia-Nia, déjà concernée par l’épidémie, tandis que le second ne présente, à ce stade, aucun lien connu avec une zone affectée, laissant planer l’hypothèse d’une transmission locale.

Les deux cas ont été détectés grâce à un premier test PCR (Radione). Des analyses de confirmation par RT-PCR (Altona) sont actuellement en cours, en parallèle d’investigations destinées à retracer les chaînes de transmission.

Sans attendre les résultats définitifs, les autorités sanitaires ont engagé des mesures d’urgence à Kisangani pour renforcer les différents volets de la riposte, notamment la surveillance, la prise en charge des malades et la recherche des contacts.

Le COUSP précise toutefois que ces deux cas ne figurent pas encore dans les statistiques nationales de l’épidémie. Ils seront intégrés aux prochains rapports une fois le processus de validation scientifique achevé.

Alors que l’épidémie poursuit sa progression, la réponse sanitaire se heurte à un important déficit de financement. Le COUSP estime qu’il manque près de 20 millions de dollars pour assurer le fonctionnement de l’ensemble des dispositifs de lutte contre cette 17ᵉ épidémie d’Ebola.

Ce manque de ressources affecte directement les opérations sur le terrain. Les autorités signalent des ruptures de médicaments essentiels, une insuffisance d’intrants médicaux, un déficit d’ambulances ainsi qu’un besoin d’au moins vingt centres d’isolement supplémentaires. Les centres de traitement sont également sous forte pression, notamment au Nord-Kivu où leur taux d’occupation atteint 137 %.

À ces difficultés s’ajoute un contexte sécuritaire toujours préoccupant. Les violences attribuées aux groupes armés CODECO et ADF continuent de limiter l’accès humanitaire dans plusieurs zones touchées, compliquant davantage les interventions des équipes sanitaires.

-Plus de 1 700 cas enregistrés-

Au cours des dernières vingt-quatre heures, les autorités ont recensé 51 nouveaux cas confirmés et 20 décès, dont plus de la moitié sont survenus au sein de la communauté. L’Ituri concentre l’essentiel des nouvelles contaminations avec 45 cas et l’ensemble des décès enregistrés, tandis que le Nord-Kivu comptabilise six nouveaux cas.

Depuis le début de cette 17ᵉ épidémie, la RDC totalise désormais 1 759 cas confirmés et 600 décès, soit un taux de létalité de 34,1%.

Malgré cette évolution préoccupante, quelques motifs d’espoir subsistent. Cinq patients ont récemment été déclarés guéris après des tests négatifs réalisés dans les centres de traitement de SOTA, Rwampara, Mongbwalu et Nyakunde.

Face à cette situation, le COUSP appelle à une mobilisation rapide des ressources financières et à un renforcement du soutien des partenaires techniques et financiers afin d’éviter une aggravation de l’épidémie.

Redaction