Le virus Ebola continue de prélever un lourd tribut en République démocratique du Congo. Selon le point de situation arrêté au 12 août 2026, près d’une personne sur deux parmi les cas confirmés n’a pas survécu. Le taux de létalité atteint désormais 46,8 %, sur un total de 4 665 cas confirmés.
Le bilan humain s’élève à 2 184 décès, alors que 634 patients sont toujours pris en charge dans des structures d’isolement ou de soins. En parallèle, 965 personnes ont recouvré la santé depuis le début de l’épidémie.
Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi sanitaire auquel sont confrontées les équipes de riposte. Ils montrent également que, malgré les progrès enregistrés dans la prise en charge, la circulation du virus reste préoccupante.
L’épidémie a gagné une nouvelle province avec la notification de cas dans la zone de santé de Buta, au Bas-Uélé. La maladie sévit désormais dans six provinces : Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo.
Au total, 54 zones de santé sont affectées. L’Ituri concentre toujours l’essentiel de la transmission avec 28 zones de santé touchées sur 36. Le Nord-Kivu en compte 12 sur 34, tandis que le Haut-Uélé et la Tshopo en recensent chacun six. Le Sud-Kivu reste limité à Miti-Murhesa, alors que Buta constitue désormais le point d’ancrage de l’épidémie dans le Bas-Uélé.
Malgré cette extension, certains indicateurs offrent des signes d’espoir. À Miti-Murhesa, aucun nouveau cas confirmé n’a été signalé depuis 76 jours.
–47 guérisons supplémentaires-
La réponse médicale continue néanmoins de produire des résultats. 47 patients ont été déclarés guéris au cours de la période récente, après avoir obtenu deux tests négatifs à la maladie à virus Ebola. L’Ituri représente la majorité de ces guérisons, avec 42 patients, contre 5 au Nord-Kivu.
Dans le même temps, les structures sanitaires continuent d’accueillir de nouveaux patients. 83 admissions ont été enregistrées en Ituri, 63 au Nord-Kivu, 11 au Haut-Uélé et 2 à la Tshopo.
Cette activité traduit la pression qui demeure sur le dispositif de prise en charge, alors que le nombre de patients encore hospitalisés ou isolés reste élevé.
Pour contenir la progression du virus, les équipes sanitaires misent sur la détection rapide et le suivi des personnes exposées.
1 531 alertes ont été rapportées dans les six provinces concernées. Parmi elles, 1 388 ont déjà été vérifiées. Au total, 328 alertes ont été retenues comme cas suspects, 286 personnes ont fait l’objet d’investigations et 187 ont été orientées vers des centres de traitement ou d’isolement.
Sur le terrain, la sensibilisation se poursuit également. En Ituri, 280 contacts ont été identifiés autour de 16 cas. Au Nord-Kivu, 200 responsables d’associations de taxis-motos ont reçu un briefing consacré à la prévention et à la communication sur les risques.
–Des opérations ciblées autour des foyers-
La riposte s’appuie aussi sur des interventions destinées à interrompre les chaînes de contamination.
En Ituri, 19 rings de riposte ont été mis en place. Ils ont permis de repérer et de décontaminer 70 sites exposés, parmi lesquels 63 ménages et six établissements de soins.
À la Tshopo, six rings ont été activés dans quatre zones de santé. Les opérations ont conduit à la décontamination de six structures sanitaires et de deux ménages.
Parallèlement, les équipes poursuivent l’acheminement des kits de prévention et contrôle des infections, des produits de chloration et des intrants destinés à la surveillance, tout en renforçant le transport des patients.
Avec 46,8 % de létalité, la bataille contre Ebola reste donc loin d’être gagnée. Si les guérisons se multiplient et que certains foyers montrent des signes de ralentissement, l’augmentation du nombre de décès et l’élargissement de la carte épidémiologique maintiennent la pression sur les autorités sanitaires et les communautés.
Roger Kingenzi

