Dialogue, Kabila et ses alliés s’opposent à un processus piloté par Tshisekedi

Le mouvement Sauvons la RDC de l’ancien président Joseph Kabila, a dévoilé ce samedi les conditions qu’il juge indispensables à l’organisation d’un dialogue national capable de sortir la République démocratique du Congo de l’impasse politique et sécuritaire. Au cœur de cette déclaration, sept exigences présentées comme des préalables incontournables, dont le rejet catégorique de toute concertation organisée sous l’autorité du président Félix Tshisekedi.

Cette prise de position intervient quelques jours après l’annonce du cardinal Fridolin Ambongo Besungu sur l’éventualité de la tenue d’un dialogue national. Pour le mouvement, la gravité de la crise actuelle impose un cadre de discussions susceptible de restaurer la confiance entre les différentes forces politiques et sociales.

Dans son document, Sauvons la RDC dresse le tableau d’un pays confronté à une crise « marquée par la persistance de l’insécurité, l’aggravation des tensions politiques, la fragilisation des institutions, les violations répétées des droits et libertés fondamentaux ainsi que la détérioration continue des conditions de vie de nos populations ».

Le mouvement réaffirme, dans ce contexte, son attachement « à la démocratie, à l’unité nationale, au respect de la Constitution, à l’État de droit, à la paix civile ainsi qu’au dialogue comme mode privilégié de règlement des crises nationales ».

Pour donner une chance de succès à un éventuel dialogue, le camp Kabila énumère sept conditions qu’il estime non négociables.

La première porte sur la désignation d’une médiation « neutre, indépendante et impartiale, avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies ».

La deuxième exige un dialogue « réellement inclusif », réunissant « toutes les parties prenantes à la crise, sans exclusion ni conditions sélectives ».

Troisième revendication : la tenue des assises dans un pays tiers afin de « garantir la sécurité, la sérénité et la participation effective de toutes les sensibilités politiques ».

Le mouvement réclame également que les discussions permettent « l’examen, sans tabou, de toutes les causes profondes de la crise », avec un agenda élaboré de manière consensuelle entre toutes les parties.

Autre point majeur : les résolutions issues du dialogue devront revêtir un caractère « souverain et contraignant ». Dans cette logique, le regroupement politique estime que « tout projet de référendum visant à modifier ou à remplacer la Constitution doit être définitivement abandonné avant l’ouverture du dialogue, afin de dissiper toute suspicion sur l’existence d’un agenda caché ».

Le mouvement conditionne également l’ouverture des discussions à une série de mesures de décrispation politique.

Celles-ci comprennent notamment « la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion », « le retour des exilés politiques », « la levée des interdictions frappant les partis et regroupements politiques », le rétablissement d’un accès équitable aux médias publics, ainsi que « la dissolution de la milice “Force du progrès” ».

Enfin, Sauvons la RDC réclame la mise en place d’un mécanisme international chargé de garantir l’application des engagements qui découleraient des négociations.

Le mouvement conclut sa déclaration par une fin de non-recevoir à toute initiative conduite par les institutions actuelles. « Aucun dialogue commandité, organisé, dirigé ou placé sous l’autorité de Monsieur Félix Tshisekedi ou de son gouvernement ne peut inspirer la confiance nécessaire à des délibérations sereines, moins encore à un règlement durable de la crise », affirme-t-il.

Le texte va plus loin en soutenant que « Monsieur Félix Tshisekedi ne peut pas, en effet, être arbitre et garant d’un processus appelé à réconcilier les Congolais », avant de plaider pour « une médiation indépendante, impartiale et acceptée par toutes les parties », seule capable, selon ses auteurs, de déboucher sur « un accord crédible, durable et conforme aux intérêts supérieurs de la Nation ».

À travers cette déclaration, le camp Kabila affiche ainsi sa disponibilité de principe pour un dialogue national, tout en fixant un cadre qu’il considère indispensable pour garantir la crédibilité du processus et l’application effective des décisions qui en découleraient.

Roger Kingenzi