Constitution : l’Union sacrée accuse la CENCO de jouer avec le feu

L’Union sacrée hausse le ton contre la CENCO. La plateforme présidentielle affirme avoir accueilli avec « indignation » la déclaration rendue publique le 20 juin par les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) au sujet d’un éventuel changement de la Constitution. Aux yeux de la majorité au pouvoir, cette prise de position dépasse le cadre d’une simple opinion et s’apparente à une entreprise visant à fragiliser les institutions républicaines.

Tout en reconnaissant à chaque citoyen le droit de participer au débat sur l’avenir de la Constitution, l’Union sacrée estime que certains passages du message des évêques constituent un appel implicite à la contestation de l’ordre institutionnel. La coalition présidentielle considère que le débat doit se dérouler dans le strict respect des mécanismes démocratiques prévus par la République.

La mouvance présidentielle rappelle également le caractère laïc de l’État congolais et rejette toute prétention d’une autorité religieuse à s’ériger en arbitre exclusif d’une question politique engageant l’ensemble de la nation. Elle plaide pour un échange ouvert, conduit dans le cadre des institutions légalement établies.

Dans son argumentaire, l’Union sacrée souligne que les questions constitutionnelles doivent être traitées conformément aux règles républicaines afin d’éviter toute source de tension dans un contexte national déjà marqué par de multiples défis. Elle va plus loin en accusant certains prélats d’entretenir une proximité politique avec l’ancien président Joseph Kabila, le président rwandais Paul Kagame ainsi que les rebelles du M23.

Face aux réserves exprimées par l’épiscopat, la majorité présidentielle met en avant le principe de souveraineté populaire. Elle appelle les évêques concernés à la retenue et défend l’organisation d’un référendum comme cadre légitime permettant au peuple de se prononcer librement sur son avenir politique.

L’Union sacrée insiste qu’aucune composante de l’Église ne saurait se substituer aux institutions de la République ni à la volonté du peuple souverain. Elle invite ainsi les forces vives du pays à concentrer leurs efforts sur les priorités nationales, notamment la préservation de l’unité du pays, l’intégrité territoriale et le retour de la paix.

La coalition présidentielle conclut en appelant les Congolais à demeurer vigilants face à ce qu’elle considère comme des tentatives de manipulation de l’opinion. Elle réaffirme par ailleurs son soutien au projet de réforme constitutionnelle ainsi que sa fidélité au président Félix Tshisekedi.

Réagissant lors d’un échange en direct sur X avec le journaliste Stanis Bujakera, Mgr Donatien Nshole a dénoncé une déclaration qu’il juge déplacée au regard des urgences auxquelles le pays est confronté, notamment la situation sécuritaire et les défis sanitaires.

Le secrétaire général de la CENCO a également contesté l’expression « quelques évêques » utilisée par l’Union sacrée, estimant qu’elle ne reflète pas la réalité des délibérations internes de l’épiscopat. Selon lui, la déclaration incriminée a été adoptée de manière consensuelle par les évêques présents.

Mgr Nshole rejette par ailleurs toute accusation de subversion et y voit une tentative de détourner le débat. Il affirme que la position actuelle de la CENCO s’inscrit dans une continuité historique, rappelant que l’Église avait déjà tenu un discours similaire sous les précédents régimes.

Le prélat a enfin exprimé ses inquiétudes quant à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est du pays et aux conséquences politiques d’un éventuel référendum organisé dans le contexte actuel. Selon lui, la priorité demeure le rétablissement de la paix, la réunification du territoire national et la défense de la cohésion du pays.

La rédaction