À Belgrade, Jacquemain Shabani dénonce le silence face à l’agression rwandaise 

Kinshasa refuse que « le silence devienne la nouvelle norme des relations internationales » alors qu’une partie de son territoire reste occupée par l’Alliance Fleuve Congo-M23. Le Vice-premier ministre de l’Intérieur, Sécurité,Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, l’a martelé mardi 1er septembre à Belgrade, en Serbie, où il a porté la voix de la RDC face aux représentants du Mouvement des pays non alignés.

La RDC, a-t-il rappelé, a saisi à plusieurs reprises les instances régionales et internationales compétentes pour dénoncer « l’appui, le soutien ainsi que l’implication » des forces de défense rwandaises aux côtés de l’AFC-M23. Selon lui, cette situation porte gravement atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC et constitue une violation des principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations unies.

Depuis cette tribune diplomatique historique, Jacquemain Shabani a soulevé plusieurs interrogations sur l’efficacité des principes qui régissent les relations internationales. « Que reste-t-il du principe de souveraineté des États si l’intégrité territoriale d’un État peut être violée impunément ? Que reste-t-il du droit international si les décisions et résolutions des institutions internationales peuvent être ignorées ? », a-t-il questionné.

Le représentant du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a également évoqué l’esprit de Bandung et de Belgrade, estimant qu’il ne peut être réduit à une simple référence historique alors que des peuples continuent de subir l’agression, l’occupation de leurs territoires et de nouvelles formes de domination néocoloniale.

À Belgrade, la RDC a réaffirmé son attachement aux principes fondamentaux du Mouvement des pays non alignés : souveraineté des États, multilatéralisme, intégrité territoriale, justice, paix, équité, solidarité et respect du droit international. Pour Kinshasa, ces principes « ne sont pas négociables ». Shabani a, par ailleurs, insisté sur la responsabilité collective de préserver cet héritage et surtout de lui donner un avenir.

Représentant le chef de l’État à la réunion commémorative du 65ᵉ anniversaire du Mouvement des pays non alignés, le VPM a enfin appelé à transformer l’héritage de ses fondateurs en une réalité vivante. « Le meilleur hommage que nous puissions rendre aux initiateurs du Mouvement des pays Non Alignés ne consiste pas seulement à commémorer leurs œuvres, mais à faire vivre leurs idéaux », a-t-il conclu.

Rédaction