La RDC compte 6,1 millions de déplacés internes et 1 324 528 réfugiés congolais établis dans d’autres pays africains. Ces chiffres, arrêtés au 31 août 2026, ont été présentés lundi 12 octobre par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, à Genève, lors de la 77ᵉ session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
L’urgence humanitaire en RDC s’impose à nouveau à la tribune internationale. Devant les représentants de plus d’une centaine d’États, Jacquemain Shabani a dressé un tableau préoccupant des conséquences des violences armées dans l’Est du pays, tout en défendant les efforts du gouvernement dans la protection des réfugiés et la gestion des mouvements migratoires.
Au cœur de son intervention, les affrontements au Nord-Kivu et au Sud-Kivu entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23. Le vice-Premier ministre a dénoncé le soutien de l’armée rwandaise à ce mouvement, qu’il tient pour l’un des facteurs de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans cette partie du territoire national.
L’ampleur des déplacements illustre les conséquences de cette crise. Outre les 6,1 millions de personnes contraintes de fuir leur domicile à l’intérieur du pays, 1 324 528 Congolais ont trouvé refuge dans différents pays africains. Parallèlement, la RDC accueille 601 675 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires des États voisins.
-Plus de 74 000 rapatriés volontaires accueillis-
Face à cette pression humanitaire, Kinshasa met également en avant les progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements pris en décembre 2023, lors du Forum mondial sur les réfugiés, au titre du Pacte mondial sur les réfugiés.
Parmi les avancées présentées figurent la formalisation, par arrêté ministériel, d’une procédure simplifiée de détermination du statut de réfugié et l’inclusion des réfugiés dans le système national de prestation des services. Le gouvernement souligne également la relance des cadres de concertation tripartites avec plusieurs pays, dont la Zambie, le Burundi, la Tanzanie, la République centrafricaine et le Rwanda.
Sur le volet des retours, plus de 74 000 Congolais rapatriés volontairement ont déjà été accueillis dans leurs zones d’origine. Un bilan que les autorités souhaitent consolider en favorisant une réintégration durable et en renforçant les capacités des communautés d’accueil.
-Kinshasa sollicite un appui accru-
Malgré ces efforts, les besoins restent considérables. Le gouvernement congolais appelle le HCR et les partenaires internationaux à intensifier leur soutien financier et technique afin d’améliorer la protection des réfugiés, d’accompagner les personnes rapatriées et de répondre aux besoins des populations affectées par les déplacements.
Cette demande intervient alors que les violences dans l’Est continuent d’alimenter les déplacements de population et d’aggraver les vulnérabilités. À Genève, Jacquemain Shabani a ainsi placé la crise congolaise au centre de son plaidoyer, entre dénonciation des facteurs sécuritaires et recherche de moyens supplémentaires pour répondre à l’urgence humanitaire.
Rédaction

