Au moins 657 violations et atteintes aux droits humains ayant touché 1187 victimes, ont été documentées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), selon son bilan mensuel rendu public le week-end dernier.
Alors que 481 violations et atteintes avaient été recensées durant le mois de mai, le bilan de juin fait ressortir une progression de 33 %. Parallèlement, le nombre de victimes a reculé de 7 %. Une évolution qui montre que la multiplication des incidents n’a pas nécessairement entraîné une augmentation proportionnelle du nombre de personnes affectées.
Derrière ces statistiques se dessine surtout le poids des violences dans les zones touchées par les conflits. Sur l’ensemble des cas documentés, 574 violations ont été enregistrées dans les provinces en conflit, contre 83 dans les territoires considérés comme hors conflit. Les premières ont affecté au moins 904 victimes, illustrant la forte concentration des atteintes dans les régions marquées par l’instabilité sécuritaire.
La partie orientale du pays demeure au cœur de cette détérioration. L’Ituri, le Nord et Sud-Kivu figurent parmi les provinces les plus affectées par les violences persistantes des groupes armés. À cette situation sécuritaire s’ajoute la maladie à virus Ebola, venue alourdir davantage le contexte humanitaire et les difficultés auxquelles sont confrontées les populations.
Le bilan de juin traduit toutefois une évolution particulière concernant les attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF). Selon l’analyse du BCNUDH, leur caractère a été moins meurtrier durant la période considérée. Cette évolution est notamment associée à l’intensification des patrouilles des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les zones affectées de la Tshopo et du Bas-Uélé.
Au mois de juin, 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été recensés, faisant au moins 73 victimes. Parmi elles figuraient 56 femmes, 15 filles et deux hommes. Le nombre de victimes a ainsi progressé de 4 % par rapport au mois précédent.
Le Nord-Kivu concentre à lui seul 73 % des victimes de violences sexuelles recensées, devant le Sud-Kivu avec 16 % et l’Ituri avec 11 %. Les groupes armés représentent les principaux responsables identifiés, avec 56 victimes, soit 77 % du total. La rébellion de l’AFC/M23 arrive en tête des responsables cités dans cette catégorie, avec 34 victimes.
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