La rentrée scolaire du 1er septembre ne se déroulera pas de la même manière dans toutes les zones touchées par Ebola. Le gouvernement congolais a décidé d’adapter les modalités d’apprentissage au niveau de risque sanitaire, avec un enseignement à distance dans les secteurs les plus exposés.
L’annonce a été faite mardi 18 août à Kinshasa par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, lors d’un briefing consacré à la riposte contre l’épidémie.
Sur les 40 sous-divisions d’éducation déjà affectées par Ebola, 18 sont actuellement considérées comme à haut risque. Dans ces zones, les élèves ne suivront pas les cours en présentiel comme dans les secteurs épargnés par l’épidémie. Le gouvernement mise plutôt sur un dispositif d’apprentissage à domicile, conçu pour maintenir les enfants dans le cursus scolaire sans les exposer davantage au virus.
La ministre précise toutefois qu’il ne s’agira pas d’un enseignement en ligne. Faute de dépendre d’Internet ou d’équipements numériques, le dispositif reposera principalement sur des cahiers et des fiches pédagogiques contenant les notions essentielles des programmes scolaires.
Les radios locales et communautaires compléteront ce mécanisme. Des émissions éducatives permettront aux élèves de rester en contact avec les contenus scolaires, tandis que des postes radio pourront être remis à certaines familles qui n’en disposent pas. « Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou internet », a insisté Raïssa Malu.
–Des mesures adaptées à chaque zone-
L’exécutif a retenu une classification en trois niveaux. Les zones vertes, où aucun cas n’est enregistré, pourront maintenir le fonctionnement habituel des établissements. Les zones oranges, exposées à un risque intermédiaire, feront l’objet d’un renforcement des mesures préventives. Dans les zones rouges, considérées comme les plus dangereuses, l’apprentissage se fera principalement à distance.
Les établissements concernés ne seront cependant pas abandonnés. Les enseignants et encadreurs continueront à y travailler afin d’assurer le suivi des élèves, la distribution des supports et l’accompagnement pédagogique. Les dispositifs de prévention, notamment ceux destinés au lavage des mains, seront également renforcés.
Les familles pourront, suivant un calendrier défini par les autorités éducatives, se rendre dans les écoles pour récupérer les supports nécessaires. Cette formule sera expérimentée pendant quatre semaines, avant une évaluation menée conjointement avec le ministère de la Santé.
Pour Raïssa Malu, cette adaptation vise à éviter une double sanction pour les élèves : subir les conséquences de l’épidémie tout en étant privés de leur scolarité. « Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés, et par l’épidémie, et par l’arrêt des cours », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement entend ainsi préserver la continuité des apprentissages tout en contenant la propagation du virus. La ministre appelle les parents à rester en contact avec les structures provinciales de l’Éducation nationale et à suivre les consignes sanitaires.
« Nous devons ensemble empêcher qu’une zone orange devienne une zone rouge », a-t-elle lancé, assurant que le nouveau dispositif ne devrait pas occasionner de dépenses supplémentaires pour les familles.
Roger Kingenzi

