Choléra : plus de 30 400 cas et près de 700 morts en RDC, l’UNICEF sonne l’alerte

QPlus de 30 400 cas et près de 700 décès en RDC. Plus de 50 000 cas et 338 morts au Nigéria. Six pays désormais touchés. Face à cette progression transfrontalière du choléra en Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNICEF appelle à une mobilisation urgente pour protéger des millions d’enfants. (UNICEF)

La maladie gagne rapidement du terrain en République démocratique du Congo, en République du Congo, au Nigéria, au Tchad, au Cameroun et en République centrafricaine. Selon l’UNICEF, les pluies saisonnières, les inondations, les déplacements de populations et les mouvements transfrontaliers accélèrent la transmission.

La RDC concentre le bilan humain le plus lourd parmi les six pays actuellement affectés. Plus de 30 400 cas de choléra et près de 700 décès y ont été rapportés.

Le Nigéria connaît, de son côté, la plus importante flambée actuellement signalée dans la région, avec plus de 50 000 cas cumulés et 338 décès depuis le 1er janvier 2026. Une flambée majeure a notamment été enregistrée dans l’État de Borno à la fin juillet. (UNICEF)

Les enfants sont particulièrement exposés. En République centrafricaine, ils représentent 44 % des cas chez les moins de 10 ans. Au Tchad, près de deux tiers des infections concernent des enfants de moins de 15 ans. Au Cameroun, l’âge médian des patients n’est que de 10 ans. (UNICEF)

Deux corridors concentrent la propagation-

La progression du choléra s’articule autour de deux grands corridors de transmission.

Le premier se situe dans le bassin du lac Tchad, où la même souche de Vibrio cholerae O1 Ogawa circule au Tchad, au Cameroun et au Nigéria. Le second concerne le bassin du fleuve Congo, qui relie les foyers enregistrés en RDC, en République du Congo et en RCA.

Dans ces deux espaces, les inondations aggravent le risque en contaminant les sources d’eau, en détériorant les infrastructures d’assainissement et en compliquant l’accès aux populations vulnérables. (UNICEF)

L’UNICEF réclame 15 millions USD

« Cette flambée n’est plus limitée par les frontières », alerte Gilles Fagninou, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Pour lui, la maladie se déplace au gré des cours d’eau, des routes commerciales et des mouvements de populations, exposant des millions d’enfants.

L’UNICEF et ses partenaires soutiennent les autorités dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, la surveillance épidémiologique, la fourniture de produits de santé, la vaccination orale contre le choléra et la mobilisation communautaire.

L’organisation travaille également avec l’OMS et Africa CDC afin de renforcer la coordination entre les pays le long des principaux axes de transmission.

Pour intensifier cette riposte au cours des six prochains mois, l’UNICEF sollicite 15 millions de dollars américains supplémentaires.

Au-delà de l’urgence, l’organisation insiste sur la nécessité d’investissements durables dans l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène et la vaccination pour briser le cycle des flambées récurrentes.

Avec 6 pays touchés, plus de 80 000 cas cumulés recensés au Nigéria et en RDC, et près de 1 040 décès rien que dans ces deux pays, les chiffres illustrent l’ampleur d’une crise sanitaire qui, selon l’UNICEF, ne connaît désormais plus les frontières. (UNICEF).

Rédaction