La 17eme épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée en mai dernier, a franchi un seuil dramatique. Au total, 1 033 décès ont été enregistrés dans la région des Grands Lacs, dont 1 031 en République démocratique du Congo et deux en Ouganda. Depuis la résurgence de l’épidémie, 2 536 cas ont été recensés dans l’est de la RDC, tandis que 506 patients ont été déclarés guéris.
Le taux de létalité dépasse désormais 40 %, alors que le suivi des malades atteint 77,2 %. En Ouganda, la situation reste stable avec 20 cas confirmés et aucun nouveau cas signalé depuis une semaine. Le pays devra toutefois observer une période supplémentaire d’un mois sans nouvelle contamination avant d’être officiellement déclaré exempt du virus.
Début juillet, la responsable des programmes d’urgence de Médecins Sans Frontières (MSF), Trish Newport, alertait sur une propagation de plus en plus difficile à contenir en raison de l’augmentation rapide des contaminations et de l’extension géographique de l’épidémie.
Sur le terrain, les équipes sanitaires poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge des patients et de sensibilisation des communautés. Les partenaires internationaux continuent également d’appuyer les autorités congolaises afin de freiner la propagation de la maladie.
L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai, est provoquée par la souche Bundibugyo, contre laquelle il n’existe, à ce jour, ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé, début juillet, un essai clinique portant sur deux traitements expérimentaux. Elle a également autorisé l’utilisation d’urgence du premier test de diagnostic moléculaire dédié à cette souche. Parallèlement, le premier essai clinique du vaccin ChAdOx1, développé sous la direction de l’Université d’Oxford, a été annoncé.
-L’Ituri reste l’épicentre de la crise-
Le principal foyer de l’épidémie demeure la province de l’Ituri, qui concentre 89,1 % des cas et 83,9 % des décès. Le virus circule également dans quatre autres provinces, notamment le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où une partie des territoires reste sous le contrôle du groupe armé M23.
Les adultes âgés de 18 à 50 ans sont les plus touchés. Le bilan humain est également lourd chez les enfants : 189 mineurs sont décédés et 476 ont été infectés. Au-delà des victimes directes, des milliers d’enfants subissent les conséquences psychologiques de l’épidémie après avoir perdu un proche, été déplacés ou vécu dans un climat de peur permanent.
Face à cette urgence sanitaire, la RDC et l’Ouganda ont décidé d’intensifier leur coopération. En mission officielle à Kampala, le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a été reçu, mercredi 23 juillet, par le président ougandais.
Les échanges ont porté sur l’évaluation des stratégies de riposte, le partage d’expériences et le renforcement de la coordination transfrontalière. Les deux pays entendent notamment améliorer la surveillance épidémiologique, accélérer le partage des informations sanitaires et renforcer la protection des populations vivant le long de leur frontière commune.
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