Paix dans l’Est de la RDC: Jacquemain Shabani ouvre le chantier du retour de l’État au Nord et au Sud-Kivu

Le gouvernement congolais veut transformer les avancées diplomatiques enregistrées ces derniers mois en résultats concrets sur le terrain. Le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a lancé mercredi 22 juillet à Kinshasa un atelier de réflexion communautaire consacré à la restauration rapide de l’autorité de l’État dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Une initiative présentée comme une étape importante vers le retour durable de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Pendant trois jours, élus, autorités coutumières, leaders religieux, représentants des communautés, femmes, jeunes et partenaires internationaux sont appelés à élaborer des recommandations destinées à accompagner le redéploiement de l’administration publique dans les zones progressivement sécurisées.

Dans son discours d’ouverture, Jacquemain Shabani a estimé que les efforts diplomatiques engagés sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi ouvrent une nouvelle séquence dans la gestion de la crise sécuritaire.

« Aujourd’hui, grâce aux initiatives diplomatiques conduites sous le leadership du Président de la République ainsi qu’aux efforts de nos forces de défense et de sécurité, certaines zones connaissent progressivement une amélioration de la situation sécuritaire. Cette évolution ouvre une nouvelle étape, celle de la restauration effective de l’autorité de l’État », a-t-il déclaré.

Le VPM a notamment cité l’accord de Washington et la Déclaration de principes de Doha comme des acquis diplomatiques majeurs, estimant que ces engagements internationaux créent les conditions d’un retrait des forces étrangères et des groupes armés, préalable au rétablissement de la souveraineté de l’État congolais sur l’ensemble de son territoire.

Le gouvernement entend désormais s’appuyer sur une feuille de route stratégique déjà élaborée par le ministère de l’Intérieur afin de coordonner le redéploiement des institutions publiques, la reprise des services administratifs, le retour des populations déplacées ainsi que la relance des activités économiques dans les zones affectées par les conflits.

À titre d’exemple, Jacquemain Shabani a évoqué la ville d’Uvira, où le gouvernement affirme avoir engagé un processus progressif de rétablissement de son autorité à travers la réinstallation des services publics et la reprise des activités administratives.

Au-delà du redéploiement institutionnel, le gouvernement mise sur l’implication des communautés locales pour consolider la paix. Le VPM de l’intérieur a insisté sur la nécessité de bâtir une vision commune fondée sur le dialogue, la réconciliation et la cohésion sociale, invitant les participants à enrichir la feuille de route gouvernementale par leurs expériences de terrain.

Il a également abordé la question sensible des groupes d’autodéfense Wazalendo. Tout en reconnaissant leur rôle dans un contexte de guerre, il a rappelé que l’usage légitime de la force doit rester une prérogative exclusive de l’État, plaidant pour le renforcement des programmes de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de stabilisation.

À l’issue des travaux, le gouvernement attend des propositions concrètes portant notamment sur le renforcement du vivre-ensemble, le retour volontaire des déplacés, la restauration durable de l’autorité de l’État, la sécurisation des populations ainsi que la reconstruction économique et institutionnelle du Nord et du Sud-Kivu.

Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC, cet atelier apparaît comme la première étape d’un chantier plus vaste : transformer les engagements politiques en une paix effective, perceptible par les populations, grâce au retour des institutions de l’État sur les territoires longtemps marqués par les violences.

Christian-Moses Masunga