Le gouvernement congolais renforce sa riposte contre la maladie à virus Ebola. En mission à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, la Première ministre Judith Suminwa a annoncé, jeudi 23 juillet, le déblocage de 50 millions de dollars américains pour soutenir les interventions sanitaires sur l’ensemble du territoire national.
Cette enveloppe financera notamment la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, les campagnes de vaccination, la logistique ainsi que les activités de prévention et de sensibilisation. « Le gouvernement a débloqué 50 millions de dollars pour l’ensemble de la riposte sur l’ensemble du pays. Cet effort budgétaire s’inscrit dans la volonté des autorités de garantir une réponse rapide et coordonnée face à l’évolution de l’épidémie. Les partenaires techniques et financiers ont également mobilisé d’importantes ressources destinées à renforcer les interventions sanitaires. Un travail est en cours pour harmoniser les priorités avec les décaissements », a déclaré la cheffe du gouvernement.
Au-delà de cette annonce, Judith Suminwa a choisi d’aller constater elle-même la situation sur le terrain. Arrivée à Kisangani, elle entame une mission de haut niveau qui la conduira ensuite à Bunia, Mongbwalu et Rwampara, en Ituri, principal foyer de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Cette tournée intervient après le déploiement de plusieurs membres du gouvernement dans les provinces affectées. L’objectif est d’évaluer l’efficacité de la riposte, de renforcer la coordination avec les partenaires techniques et financiers et d’adapter les interventions aux réalités locales.
Des représentants des États-Unis, du système des Nations unies et de plusieurs organisations internationales prennent également part à cette mission. Selon la Primature, cette démarche traduit la détermination du gouvernement à conduire une riposte rapide, coordonnée et efficace afin de protéger les populations exposées au virus.
Sur le terrain, les défis restent considérables. La riposte est confrontée aux mouvements de grève de certains prestataires de santé, qui dénoncent notamment les retards de paiement et des conditions de travail difficiles. À cela s’ajoute une insécurité persistante dans plusieurs zones touchées, où les attaques de groupes armés compliquent le déploiement des équipes sanitaires et le fonctionnement de certaines structures de prise en charge.
D’après le dernier rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (SitRep n°068 du 21 juillet 2026), la RDC totalise 2 536 cas confirmés, dont 63 nouveaux cas enregistrés en vingt-quatre heures. L’épidémie a déjà fait 1 033 décès, soit un taux de létalité de 40,7 %.
L’Ituri demeure l’épicentre de la flambée, concentrant 88,6 % des cas cumulés et 73 % des nouvelles contaminations, principalement à Bunia, Rwampara et Drodro. Au total, 738 patients sont actuellement pris en charge dans les cinq provinces concernées : l’Ituri, la Tshopo, le Haut-Uélé, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Le suivi des personnes contacts atteint, quant à lui, 77,2 % au niveau national.
En parallèle, les efforts scientifiques se poursuivent. L’Organisation mondiale de la santé a lancé au Royaume-Uni le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, développé par l’Université d’Oxford, dans l’espoir de renforcer les moyens de lutte contre cette épidémie.
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