Ebola : Washington ferme la porte des voyages vers la RDC

Le virus Ebola continue de produire ses effets bien au-delà du front sanitaire. Les États-Unis viennent de durcir leur position à l’égard de la République démocratique du Congo en déconseillant à leurs ressortissants tout déplacement vers le pays, dans un contexte marqué par l’expansion de l’épidémie.

L’ambassade américaine à Kinshasa a publié, dans la soirée du samedi 11 juillet, une alerte sanitaire particulièrement ferme. Les citoyens américains sont invités à renoncer à tout voyage en RDC, quelle qu’en soit la raison. Washington fonde cette recommandation sur la dangerosité du virus Ebola, décrit comme hautement contagieux et potentiellement mortel.

La représentation diplomatique souligne qu’une simple exposition au virus peut entraîner de lourdes conséquences sanitaires, mais également administratives et financières. Toute personne considérée comme contact à risque pourrait notamment être soumise à une quarantaine pouvant atteindre vingt-et-un jours.

L’ambassade prévient que cette période d’isolement serait assumée financièrement par les personnes concernées. Les frais liés à la quarantaine peuvent être importants et ne sont pas systématiquement couverts par les assurances médicales.

Afin de protéger ses ressortissants, le gouvernement américain a néanmoins mis en place un mécanisme d’assistance destiné aux citoyens estimant avoir été exposés au virus. L’adhésion à ce dispositif demeure facultative.

Les personnes qui choisiraient de ne pas bénéficier de cette assistance resteront toutefois soumises à l’ensemble des mesures sanitaires imposées par les autorités congolaises et américaines, notamment les contrôles aux frontières, les protocoles de dépistage et les éventuelles mesures d’isolement.

Au-delà d’un simple avis aux voyageurs, cette décision constitue un signal adressé aux compagnies aériennes, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux entreprises opérant en RDC. Elle pourrait affecter les déplacements internationaux et compliquer davantage les opérations sur le terrain.

Cette mise en garde intervient alors que les autorités congolaises s’efforcent de contenir l’épidémie tout en limitant ses répercussions sur l’activité économique. Elle pourrait néanmoins conduire plusieurs partenaires internationaux à réévaluer leurs missions dans le pays par mesure de précaution.

Pour Washington, la consigne est sans équivoque : éviter tout déplacement vers la RDC jusqu’à une amélioration significative de la situation épidémiologique.

-Premier Américain infecté-

Le durcissement intervient après la confirmation du premier cas d’Ebola chez un citoyen américain depuis le début de cette flambée.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indique qu’un employé américain d’une organisation non gouvernementale, en mission en RDC, a été contaminé par la souche Bundibugyo du virus.

Dans une communication transmise à Reuters, l’agence fédérale précise avoir déclenché son dispositif de réponse en collaboration avec l’organisation concernée, les autorités compétentes et ses partenaires présents sur le terrain.

Les investigations se concentrent désormais sur l’identification des personnes ayant été exposées afin d’interrompre toute nouvelle chaîne de transmission.

Les autorités américaines n’ont communiqué ni l’identité du patient, ni son sexe, ni le nom de l’organisation qui l’emploie, pas davantage que la zone exacte où l’infection aurait été contractée.

Roger Kingenzi