Ebola, l’épidémie progresse au coeur des zones de guerre L’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, une région secouée par l’insécurité persistante et la présence de nombreux groupes armés. Cette situation complique considérablement les opérations de riposte sanitaire, alors que le M23, soutenu par Kigali, contrôle plusieurs zones stratégiques.Le Congo-Kinshasa garde encore le souvenir douloureux de l’épidémie qui avait frappé les provinces orientales entre 2018 et 2020, causant des milliers de décès dans un contexte déjà marqué par des violences armées. Le nouvel épicentre de l’épidémie se trouve en Ituri, province minière du nord-est du pays frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Cette région connaît d’importants déplacements de population liés à l’exploitation de l’or, mais aussi aux affrontements entre groupes armés.Depuis plusieurs années, les territoires situés au nord de Bunia sont le théâtre d’un conflit meurtrier entre les communautés Hema et Lendu. Des massacres y sont régulièrement signalés. Mongbwalu, où les premiers cas ont été détectés, est sous l’influence de la milice Codeco, qui affirme défendre les intérêts de la communauté Lendu. Malgré l’insécurité, les équipes sanitaires assurent n’avoir enregistré aucune hostilité directe de la part des groupes armés, tout en reconnaissant les difficultés d’accès aux zones touchées.De son côté, la Convention pour la révolution populaire (CRP), groupe armé assimilé à la communauté Hema, a récemment annoncé un cessez-le-feu unilatéral. Toutefois, les affrontements entre cette milice, les forces armées congolaises et la Codeco continuent d’exposer les civils à de graves violences.Dans le sud-ouest de Bunia, la forêt de l’Ituri reste le bastion des rebelles ADF, affiliés au groupe État islamique. Actifs en Ituri et au Nord-Kivu, ces combattants sont régulièrement accusés de massacres contre les populations civiles. Début mai, plusieurs attaques attribuées aux ADF ont coûté la vie à au moins 36 personnes. L’axe routier reliant Bunia à Beni demeure particulièrement dangereux, malgré la présence de l’armée ougandaise déployée dans la région depuis 2021. Les agents de santé et les humanitaires figurent également parmi les cibles de ces violences, ce qui ralentit davantage les interventions médicales.-Goma sous surveillance sanitaire-Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les lignes de front opposant les forces gouvernementales au M23 continuent de perturber la circulation des personnes et de l’aide humanitaire. Bien qu’un accord de paix ait été signé entre la RDC et le Rwanda en décembre dernier, des affrontements sont encore signalés, notamment au Sud-Kivu.La fermeture de l’aéroport international de Goma depuis la prise de la ville par le M23 en janvier 2025 constitue un autre obstacle majeur pour l’acheminement de l’aide d’urgence. Face à cette situation, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé les parties au conflit à faciliter l’accès humanitaire afin de permettre une réponse sanitaire efficace.Un premier cas d’Ebola a été confirmé à Goma, grande ville stratégique de l’est du pays désormais contrôlée par le M23. Le mouvement rebelle, qui a installé une administration parallèle dans les zones qu’il occupe, assure avoir renforcé les mesures sanitaires. Les autorités mises en place par le groupe annoncent le déploiement d’équipes médicales et de sensibilisation dans les structures de santé et les zones à forte concentration humaine. Selon le porte-parole du M23, aucun nouveau cas n’avait été signalé depuis dimanche.Strada EBOLA LÉGENDE : Les agents de santé supervise le lavage des mains et la prise de température de tous les visiteurs et patients entrant à l’hôpital Kyeshero, dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola à Goma, le 18 mai 2026. #Photo Droits tiers