Le gouvernement congolais durcit le ton contre les débiteurs du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Réunie à Kinshasa sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa, une commission spéciale a enclenché le processus de recouvrement forcé de près de 350 millions de dollars de créances, jugées indispensables pour relancer l’industrialisation du pays.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo accélère le dossier du recouvrement des créances impayées du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Réunie vendredi 3 juillet à Kinshasa, la Commission spéciale chargée du recouvrement forcé, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, a fixé les premières orientations pour récupérer près de 350 millions de dollars détenus par des débiteurs en défaut de paiement.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 avril dernier, au cours duquel le président de la République avait érigé ce dossier parmi les priorités du gouvernement, considérant le renforcement des capacités financières du FPI comme un levier essentiel de l’industrialisation.
À l’issue de la réunion, le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba, a dénoncé l’ampleur des impayés qui, selon lui, freinent la mission du FPI.
« Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. C’est pour ça que nous disons qu’il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent-là pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays », a-t-il déclaré.
Le ministre estime que ces créances, contractées pour soutenir le développement industriel, privent aujourd’hui le FPI des ressources nécessaires pour financer de nouveaux projets, limiter le chômage et stimuler la transformation locale des matières premières.
« Nous ne devons pas nous limiter à la commercialisation des produits bruts ou des matières premières. Il faut absolument apporter une plus-value sur nos matières premières. Il faut les transformer localement. La question de l’industrialisation devient donc cruciale. On ne peut pas industrialiser le pays rien qu’en allant demander de l’argent auprès de la Banque mondiale. Il faut compter sur nos ressources nationales et internes », a poursuivi Justin Kalumba.
Au cours de cette première réunion, la Commission a décidé d’établir une cartographie des dossiers afin de classer les débiteurs par catégories et de définir les mécanismes de recouvrement adaptés à chaque situation. Une nouvelle séance de travail est déjà annoncée pour ce mois de juillet.
« Ce n’est que le début des travaux… Nous allons d’abord catégoriser toutes ces créances qui sont en souffrance. L’ordre du jour aujourd’hui, c’est que ceux qui doivent payer doivent s’exécuter. Nous allons rencontrer ces personnes pour voir comment nous allons finalement recouvrer l’argent de l’État », a expliqué le ministre.
Selon le gouvernement, certaines dettes remontent à près de vingt ans. Les autorités entendent désormais accélérer les procédures afin qu’aucune créance ne soit écartée, les fonds à récupérer provenant de la taxe destinée à la promotion de l’industrie. Cette opération s’inscrit également dans la volonté affichée de renforcer la bonne gouvernance et de mobiliser davantage de ressources internes pour financer le développement économique du pays.
Christian-Moses Masunga

