Norbert Likulia Bolongo, le dernier Premier Ministre du Zaïre et véritable  ‘maréchal du droit militaire congolais’ s’est éteint à Paris

La République démocratique du Congo perd l’une de ses figures les plus marquantes de la vie politique, militaire et académique. Le Général d’armées et professeur d’université Norbert Louis Likulia Bolongo est décédé jeudi 25 juin 2026 dans la soirée à Paris, à l’âge de 87 ans.

Né le 8 juillet 1939 à Basoko, dans l’actuelle province de la Tshopo, Norbert Likulia Bolongo aura traversé plusieurs décennies de l’histoire contemporaine du Congo, laissant son empreinte dans les domaines de la défense, de la justice militaire et de l’enseignement supérieur.

Juriste de renom, il s’est illustré comme Procureur général militaire, Secrétaire d’État à la Défense nationale et à la Sécurité du territoire, avant d’accéder aux plus hautes fonctions de l’État. Sous le régime du maréchal Mobutu, il fut notamment Premier ministre, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, ministre des Affaires foncières, administrateur général de la Sûreté nationale ainsi que ministre du Portefeuille.

Au-delà de sa carrière politique, Likulia Bolongo était considéré comme l’un des plus grands spécialistes africains du droit militaire et du droit international humanitaire. Membre de plusieurs institutions prestigieuses, dont l’Institut international de droit humanitaire de Sanremo en Italie, il a également été associé à des juridictions militaires et académiques de premier plan aux États-Unis et en Europe.

Dans le monde universitaire, il a formé plusieurs générations de juristes congolais. Professeur à l’Université de Kinshasa, à l’Université de Lubumbashi ainsi qu’à l’Université d’Aix-Marseille en France, il a contribué à la réforme du droit et au rayonnement de la pensée juridique congolaise.

Marié à Marie-Godelive Nyota Ngongo depuis le 7 juillet 1961, il laisse derrière lui une nombreuse descendance, mais aussi l’image d’un serviteur de l’État dont le parcours exceptionnel aura marqué à la fois les casernes, les amphithéâtres et les institutions de la République. Avec sa disparition, c’est une page importante de l’histoire politico-militaire congolaise qui se referme.

 Willy Makumi Motosia