Ebola : après la détection d’un cas en France, Kinshasa impose 21 jours de surveillance aux voyageurs en provenance des zones à risque

Le gouvernement congolais renforce son dispositif de prévention contre Ebola. Dans un communiqué publié mercredi 24 juin, il a annoncé l’instauration d’une période de surveillance sanitaire obligatoire de 21 jours pour toute personne en provenance des zones affectées par l’épidémie.

Cette mesure concerne les voyageurs susceptibles d’avoir été exposés au virus avant tout déplacement à l’intérieur du pays ou vers l’étranger. Selon les autorités, elle vise à limiter les risques de transmission et à assurer un suivi étroit des personnes potentiellement contaminées.

Durant cette période d’observation, les services de santé procéderont à la surveillance de l’éventuelle apparition de symptômes ainsi qu’au suivi des contacts à risque. Le gouvernement explique que cette disposition s’inscrit dans le cadre du renforcement des mécanismes de santé publique déployés pour contenir l’épidémie.

Kinshasa assure par ailleurs que l’ensemble du dispositif de riposte reste pleinement mobilisé afin de protéger la population. Les autorités entendent également rassurer l’opinion alors que les contrôles sanitaires sont intensifiés aux points d’entrée du territoire.

Le cas détecté en France ravive les inquiétudes

L’annonce intervient au lendemain de la confirmation en France d’un cas d’Ebola de souche Bundibugyo chez un médecin revenant d’une mission humanitaire en Ituri.

Le praticien, déployé par l’organisation ALIMA, a travaillé du 22 mai au 19 juin au Centre de traitement Ebola du Centre médical évangélique de Rwampara, dans la province de l’Ituri. Après un passage à Kinshasa entre le 19 et le 22 juin, il a quitté la RDC pour la France le 23 juin.

Son organisation précise toutefois qu’il ne présentait aucun symptôme compatible avec la maladie ni lors de son départ de Bunia ni durant son séjour dans la capitale congolaise. En raison de ses fonctions au sein du dispositif de prise en charge des patients, il est néanmoins considéré comme ayant été exposé à un risque potentiel d’infection.

Les autorités rappellent qu’une personne infectée par Ebola ne devient contagieuse qu’à partir de l’apparition des symptômes et que la transmission du virus s’effectue uniquement par contact direct avec une personne malade ou des fluides biologiques contaminés.

Coordination entre Kinshasa et Paris

Dans le cadre de la gestion de ce cas, les autorités congolaises ont engagé des échanges avec leurs homologues françaises afin de faciliter le partage d’informations liées au traçage des contacts et au suivi des personnes potentiellement exposées.

Cette coopération vise à garantir une réponse coordonnée entre les deux pays conformément aux dispositions du Règlement sanitaire international.

Sur le terrain, les mécanismes de surveillance épidémiologique demeurent activés. Le gouvernement souligne que chaque alerte fait l’objet d’investigations approfondies comprenant l’identification des contacts, l’évaluation du niveau d’exposition, leur suivi pendant 21 jours ainsi que l’application immédiate des mesures sanitaires requises.

Les aéroports de Bunia et de Kinshasa figurent parmi les principaux points faisant l’objet d’une vigilance renforcée dans le cadre de cette riposte.

Aniece Mwadi