Pas de troisième mandat, pas de report des élections de 2028, pas de conquête du pouvoir par les armes ni de balkanisation de la République démocratique du Congo. Réunie en conclave à Rome du 25 au 27 octobre 2026, la Coalition Article 64 (C64) a réaffirmé ses exigences constitutionnelles, dans un contexte marqué par la controverse autour du référendum, la persistance des combats dans l’Est et les craintes d’une fragmentation du territoire national.
Dans sa déclaration du 27 octobre, signée notamment par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata et Delly Sesanga, la coalition met en garde contre toute tentative de contourner les dispositions constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels. Après l’adoption, le 23 octobre, par l’Assemblée nationale, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, elle rappelle qu’aucune majorité parlementaire ne peut s’affranchir de la Constitution. L’article 220, qui protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, constitue à ses yeux une limite infranchissable.
La C64 dénonce ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel », visant, selon elle, à détourner les institutions et les forces de sécurité pour maintenir le pouvoir au-delà des limites légales. Mais sa mise en garde ne vise pas uniquement le pouvoir de Kinshasa. La coalition condamne avec la même fermeté le recours aux armes pour conquérir ou conserver le pouvoir, opposant ainsi une même exigence constitutionnelle aux dirigeants en place et aux mouvements armés. Elle rejette également toute modification de la Constitution, tout report du scrutin prévu en 2028 et toute tentative de remise en cause de l’intégrité territoriale.
Au-delà de ces lignes rouges, les signataires plaident pour un dialogue national inclusif réunissant toutes les parties sans exclusive. Face à l’escalade militaire et à la crise humanitaire, ils récusent une issue exclusivement militaire et préconisent une articulation des processus de Doha et de Washington avec la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, autour de la médiation CENCO-ECC. La C64 réclame des engagements vérifiables, le respect du cessez-le-feu, la protection des civils et le retrait des troupes étrangères, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
La coalition annonce, par ailleurs, une initiative politique auprès de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila afin de rechercher une « issue congolaise » à la crise. Elle prévoit également un plaidoyer auprès des partenaires internationaux de la RDC. La démarche doit, selon ses signataires, préserver la Constitution, les libertés publiques, la souveraineté nationale et les échéances électorales de 2028. À Rome, la C64 réaffirme ainsi une ligne centrale : ni prolongation du pouvoir au-delà des limites constitutionnelles, ni conquête du pouvoir par la force.
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