Crise en RDC : l’UA condamne la conquête du pouvoir par la force sans évoquer Kabila

L’Union africaine (UA) réaffirme son opposition à tout changement anticonstitutionnel de gouvernement en République démocratique du Congo (RDC), tout en soutenant les efforts de dialogue national initiés par Félix-Antoine Tshisekedi. Dans une déclaration publiée lundi 19 octobre, le président de la Commission de l’organisation, Mahmoud Ali Youssouf, a rappelé les principes démocratiques qui encadrent l’accès au pouvoir, sans faire explicitement référence à Joseph Kabila ni à son nouveau mouvement politico-militaire, le Front pour la refondation nationale (FRN).

Pour étayer sa position, le responsable de l’institution panafricaine s’appuie sur l’Acte constitutif de l’UA, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ces textes prohibent notamment la prise du pouvoir par la force et le renversement des institutions issues d’un processus démocratique.

Dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires, Mahmoud Ali Youssouf invite les différentes parties à privilégier les solutions pacifiques. Il les exhorte également à la retenue, mettant en garde contre toute démarche susceptible d’exacerber les divisions ou de compromettre les perspectives de réconciliation nationale.

Le président de la Commission salue, dans cette optique, les efforts déployés par Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue politique inclusif, ouvert aux acteurs politiques et sociaux concernés, dans le respect des institutions républicaines. Pour l’organisation continentale, la concertation demeure une voie privilégiée pour rechercher une issue à la crise congolaise.

La déclaration de l’UA intervient près d’une semaine après le lancement par l’ancien président Joseph Kabila du Front pour la refondation nationale (FRN), un mouvement politico-militaire. Pourtant, malgré son rappel ferme des principes condamnant les prises de pouvoir par la force, Mahmoud Ali Youssouf ne cite ni l’ancien chef de l’État ni sa nouvelle structure.

Cette absence de mention explicite peut alimenter le débat sur la portée du communiqué et sur la manière dont l’organisation entend appliquer ses principes aux différents protagonistes de la crise. Le texte ne désigne toutefois aucun acteur en particulier et ne précise pas les circonstances auxquelles fait référence sa mise en garde.

Sur le volet sécuritaire, l’Union africaine réitère son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC. Elle plaide également pour la consolidation des acquis des processus de Doha et de Washington, le respect du cessez-le-feu, l’exécution des engagements pris et la protection des populations civiles.

Mahmoud Ali Youssouf renouvelle, par ailleurs, le soutien de l’UA à la médiation conduite par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’organisation, avec l’appui du Panel des facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

La Commission se dit enfin disposée à accompagner ces démarches, en coordination avec les initiatives régionales et internationales, afin de favoriser une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Rédaction