Après la sortie médiatique de Kabila, Muyaya dénonce un « homme du passé » complice du Rwanda

La tension monte entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Quelques heures après l’adresse à la Nation de l’ancien président, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a lancé une violente charge contre un acteur politique qu’il ne nomme pas, mais dont les références semblent viser l’ancien chef de l’État.

Dans un message publié ce vendredi 9 octobre sur X, le ministre de la Communication a dépeint sa cible comme un « homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques ». Il l’a également présenté comme le « fils-aîné du père (le Rwanda), complice du frère (M23/AFC) et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions américaines ».

« Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos », a ajouté Patrick Muyaya, sans citer explicitement Joseph Kabila dans sa publication.

Au-delà de cette attaque, le porte-parole du gouvernement a réaffirmé l’engagement des autorités en faveur du dialogue engagé par le président Félix Tshisekedi, présenté comme une voie pour restaurer la paix et préserver l’intégrité territoriale de la RDC.

-L’ACP avait ouvert le front-

Quelques heures plus tôt, l’Agence congolaise de presse (ACP) avait elle aussi pris pour cible l’ancien président. Dans une réaction à sa prise de parole annoncée, l’agence publique lui a reproché d’avoir cherché à déstabiliser Félix Tshisekedi par « la guerre et la félonie », l’exhortant à faire son autocritique et à demander pardon au chef de l’État.

Ces sorties médiatiques s’inscrivent dans un climat de confrontation politique marqué par les accusations de liens avec l’AFC/M23, que les proches de Joseph Kabila rejettent. Ses partisans dénoncent, pour leur part, des manœuvres visant à marginaliser l’opposition et à étouffer les voix critiques.

Alors que l’Est du pays reste en proie à l’insécurité, cette escalade verbale souligne la profondeur du fossé entre le pouvoir actuel et l’ancien président. Les initiatives politiques annoncées par Joseph Kabila devraient désormais être suivies de près, tant pour leur contenu que pour les réactions qu’elles pourraient susciter.

Rédaction