Près de 3 000 violations et atteintes aux droits humains ont été documentées en République démocratique du Congo au cours des six premiers mois de 2026. Dans son rapport semestriel, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) fait état de 2 996 cas ayant touché 6 189 victimes entre le 1er janvier et le 30 juin.
Le nombre de violations recensées affiche une baisse de 10 % par rapport au semestre précédent, mais progresse de 8 % comparativement aux six premiers mois de 2025. Pour le BCNUDH, cette évolution doit toutefois être interprétée avec prudence, les difficultés d’accès, de documentation et de remontée des informations continuant de limiter la connaissance complète de la situation sur le terrain.
Les provinces affectées par les conflits concentrent la majeure partie du bilan, avec 2 607 violations et atteintes recensées pour 5 032 victimes. Dans l’Est, les violences liées aux affrontements et à l’expansion territoriale de l’AFC/M23 se sont poursuivies. Le retrait de ce mouvement d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi n’a pas empêché la persistance des violences, marquées notamment par des représailles, de nouveaux déplacements de populations et une recrudescence des hostilités dans les hauts plateaux.
En Ituri et au Nord-Kivu, les ADF restent également au centre des préoccupations. Le groupe armé est associé par le BCNUDH à 230 atteintes ayant fait 1 064 victimes. D’autres groupes armés ont, eux aussi, continué de s’en prendre aux populations civiles et aux communautés locales.
Le rapport relève en outre 31 violations du droit international humanitaire, parmi lesquelles des attaques contre des écoles, des établissements de santé, des personnes et des sites protégés. Ces actes ont directement affecté l’accès des populations aux services essentiels.
La situation demeure particulièrement préoccupante sur le front des violences sexuelles liées aux conflits. Au moins 267 cas ont été documentés, concernant 401 victimes, principalement des femmes et des enfants. Les groupes armés figurent parmi les principaux auteurs identifiés. Pour les victimes, l’accès aux soins, à l’accompagnement psychosocial, à l’aide juridique et aux mécanismes judiciaires reste difficile.
Hors des zones de conflit, les restrictions de l’espace civique restent également suivies par les Nations unies. Le BCNUDH y a recensé 76 violations ayant affecté 173 victimes. À cela s’ajoutent 60 cas de protection concernant 72 défenseurs des droits humains et journalistes.
La riposte contre la 176e épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026, figure aussi parmi les préoccupations du Bureau. Celui-ci recommande une réponse sanitaire respectueuse des droits fondamentaux, notamment à travers un accès équitable aux soins et à l’information, la protection du personnel médical et la lutte contre la stigmatisation des malades et des communautés affectées.
Le BCNUDH insiste également sur la nécessité de mesures sanitaires légales, nécessaires et proportionnées, ainsi que sur l’implication des communautés afin de renforcer la confiance dans la riposte.
Sur le volet judiciaire, l’appui apporté par le BCNUDH et la MONUSCO aux juridictions militaires a contribué à l’ouverture d’au moins 169 procédures et à la condamnation de 96 personnes. Des avancées qui témoignent d’une activité judiciaire, alors que le rapport continue de relever l’ampleur des violations et les difficultés persistantes en matière d’accès à la justice.
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