Le cycliste Miguel Masaisai décède dans un accident 

Le cycliste Masaisai est décédé vendredi dans le nord de la République du Congo, alors qu’il poursuivait un rêve qui dépassait largement les frontières : relier à vélo Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, à Rabat, au Maroc.

Engagé depuis plusieurs mois dans un périple de près de 14 000 kilomètres à travers l’Afrique, le jeune cycliste a trouvé la mort dans un accident de circulation à Kabos, à environ neuf kilomètres de Ntam, près de la frontière avec le Cameroun.

Selon des sources locales, le drame s’est produit alors que Miguel Masaisai cherchait à poursuivre son voyage. Victime d’une panne de vélo, il aurait sollicité l’aide d’un conducteur de taxi pour rejoindre un lieu où son engin pouvait être réparé.

Le véhicule, qui transportait également deux autres passagers, a ensuite été impliqué dans un accident. Les quatre occupants, parmi lesquels le jeune cycliste et le chauffeur, auraient péri. Les circonstances précises du drame restent encore à déterminer. Le corps de Miguel Masaisai a été déposé à la morgue de Ouesso.

Dans le cadre de son périple, il était arrivé à Kinshasa le 5 août, après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus. Son itinéraire l’avait notamment conduit à traverser le Grand Kasaï et le Grand Bandundu. Le 6 septembre, il avait quitté la capitale congolaise pour rejoindre la République du Congo. Quelques jours avant son décès, il avait déjà traversé Brazzaville, Gamboma et Oyo.

Le 14 septembre, soit quatre jours avant sa mort, le jeune sportif se trouvait encore à Oyo, où il venait d’achever sa 71ᵉ étape, après avoir parcouru à vélo les 98 kilomètres séparant Gamboma d’Oyo. Son itinéraire devait ensuite le conduire vers le nord de la République du Congo, puis au Cameroun, avant de poursuivre sa route jusqu’au Maroc.

À travers son initiative “Pedals for Peace”, Miguel Masaisai entendait porter un message de paix en faveur des populations de l’est de la RDC, confrontées au conflit armé impliquant notamment l’AFC/M23 et le Rwanda. Lors de son passage à Kinshasa, il avait présenté son projet et exprimé son ambition de porter auprès des autorités nationales la voix et les préoccupations des populations vivant dans la partie orientale du pays.

Sur les routes qu’il parcourait, Miguel ne transportait pas seulement son vélo : il portait le Congo dans son cœur, dans ses jambes et dans chacune de ses paroles. À seulement 25 ans, il est devenu une voix de paix, un symbole d’unité et un ambassadeur du vivre-ensemble, appelant inlassablement les Congolais à dépasser leurs divisions et à regarder ensemble vers un avenir meilleur.

Après avoir relevé le défi de relier Goma au Cap, en Afrique du Sud, le jeune cycliste s’était lancé un nouveau pari, encore plus ambitieux : atteindre Rabat, au Maroc, pour y porter le message des populations meurtries de l’est congolais.

Son agenda prévoyait une arrivée au Cameroun samedi, avant la poursuite de son périple vers le royaume du Maroc. Mais la mort en a décidé autrement. Miguel laisse derrière lui un rêve inachevé, mais surtout l’empreinte indélébile d’un jeune patriote qui avait choisi de braver les longues distances pour donner une voix aux milliers de familles éprouvées par la guerre.

Rédaction 

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